Message de Madame la, Ministre de l’action sociale, de la promotion de la femme et de l’Alphabetisation

MESSAGE DE MADAME EKOUE DEDE AHOEFA, MINISTRE DE L’ACTION SOCIALE, DE LA PROMOTION DE LA FEMME ET DE L’ALPHABETISATION

Pour la troisième fois consécutive, le monde entier célèbre demain, 11 octobre,  la Journée internationale de la fille. Cette journée a pour but d’interpeller l’opinion internationale sur les discriminations et inégalités dont sont victimes les filles du simple fait de leur jeune âge et de leur sexe.

Cette année, la Journée est placée sous le thème « Renforcer les capacités des filles, briser le cycle de la violence ».

Ce thème revêt une importance particulière d’autant plus que, malgré les multiples actions des Gouvernements et de leurs partenaires, nombreuses sont les femmes et les filles qui sont encore victimes de violences de toute sorte dans le monde. D’après une étude réalisée en 2013 par l’OMS, 35% des femmes dans le monde ont déjà été victimes de violence physique et/ou sexuelle. Des études indiquent que la violence envers les femmes et les filles constitue l’une des atteintes les plus répandues aux droits fondamentaux.

Au Togo, selon l’étude sur les violences basées sur le genre au Togo réalisée par le Ministère de la promotion de la femme en 2010, la prévalence  des violences basées sur le genre dans les ménages à l’encontre des filles de 9 à 18 ans est de 62,5% pour les violences physiques, 91,9% pour les violences psycho-morales, 5,5% pour les violences sexuelles, 25% pour les violences économiques, 21,1% pour les violences institutionnalisées et 22,5% pour les discriminations.

Selon les résultats de l’enquête MICS4 2010, près d’un tiers des femmes entre 15 et 49 ans se sont mariées ou sont entrées en union libre avant l’âge de 18 ans, et 7% de ces femmes se sont mariées avant l’âge de 15 ans.

Ces pratiques, non seulement compromettent la santé et l’éducation des filles ainsi que les possibilités de réalisation de leur potentiel pour leur épanouissement intellectuel, social et économique, mais constituent aussi les germes du cycle de la violence.

C’est pourquoi, de part le monde, les voix s’élèvent, pour appeler à plus d’actions afin de venir à bout de ce phénomène.

Dans cette optique, le Gouvernement togolais a pris plusieurs mesures et mis en œuvre, en partenariat avec d’autres acteurs, diverses actions en ligne avec les objectifs de la SCAPE, de la Politique nationale pour l’équité et l’égalité  de genre, de la Politique nationale de protection de l’enfant, du Plan stratégique national de lutte contre le SIDA et les IST,  du Programme nationale de lutte contre le VIH/SIDA chez les femmes. Ces actions visent l’établissement d’un environnement favorable à l’épanouissement de la fille et la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes. Au titre de ces actions, on note :

–          le renforcement de l’arsenal juridique à travers i) l’adoption en 2013, de la loi portant aide juridictionnelle au Togo, permettant aux couches les plus démunies de pouvoir ester en justice en cas de violence de tout genre, ii) la révision du code des personnes et de la famille en 2012 au regard des textes nationaux et internationaux de droits de la femme, iii) le code de l’enfant de 2007 qui garantit l’égalité des enfants des deux sexes et les protège contre toute forme de violence, iv) la loi de 1998 portant interdiction des Mutilations Génitales Féminines au Togo, v) la loi de 1984 qui permet de préserver les filles régulièrement inscrites dans les établissements d’enseignement ou dans un centre de formation professionnelle des abus sexuels et des grossesses et vi) du code pénal en révision qui prend en compte les violences faites aux femmes et aux filles ;

–          Pour rendre effective la jouissance par les populations des dispositions de ces différents textes, des campagnes de formation, d’information, de sensibilisation et de plaidoyer en direction des autorités administratives, traditionnelles et religieuses, des leaders communautaires et des populations sont organisées pour lever le poids des pratiques culturelles néfastes.

–          En vue d’harmoniser les interventions sur le terrain, le gouvernement a mis en place une stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre qui prend en compte la dénonciation par les femmes des cas de violences, la traduction des auteurs en justice, la protection des victimes, le recours en justice et la réinsertion, la formation et la sensibilisation des différents acteurs sur toute la chaîne de prévention et de prise en charge.

–          Dans le cadre de la gestion des cas de violences, le  gouvernement a mis en place un système d’alerte précoce à travers une ligne téléphonique verte « ALLO 1011 » pour dénoncer les violences contre les enfants  et créé des centres d’écoute, de conseils et de prise en charge des victimes de violences basées sur le genre.

–          Pour une réponse communautaire et participative, le gouvernement a initié avec l’appui des ces partenaires, un travail remarquable à la base, qui a abouti d’une part à l’engagement des chefs traditionnels et des leaders religieux dans la lutte contre les pratiques socioculturelles préjudiciables aux enfants à travers une déclaration conjointe le 14 juin 2013 dite « Déclaration de Notsè », et d’autre part à l’implication des enfants au processus de leur protection à travers la mise en place du Conseil consultatif national des enfants pour favoriser la sensibilisation et l’éducation par les pairs.

–          Depuis quelques mois, le gouvernement a enclenché le processus de mise en place d’un programme national de lutte contre les grossesses et les mariages précoces chez les adolescentes, qui prévoit des actions ciblées permettant de mettre fin au phénomène.

–          Par ailleurs, un programme de lutte contre la violence faite aux filles et aux femmes a été élaboré dont la mise en œuvre devra permettre de renforcer les capacités de filles.

L’éducation et la formation des filles étant l’une des stratégies prioritaires pour une lutte efficace contre les violences faites aux femmes et aux filles, le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre des actions favorisant l’accès et le maintien des filles à l’école à travers le rapprochement de l’école des apprenant(e)s, la construction continue des salles de classes dans les coins les plus reculés, la transformation progressive des EDIL et CEGIL en établissements publics, la suppression des frais scolaires dans les établissements publics d’éducation préscolaire et  primaire, la mise en œuvre de mesures temporaires en faveur des filles dans le payement des frais de scolarité dans le secondaire et l’octroi de bourses et kits scolaires aux enfants vulnérables surtout aux filles.

Ces mesures sont couplées des séances de sensibilisation et de communication communautaires en faveur de  l’éducation des filles et de lutte contre les violences basées sur le genre qui amènent les communautés à adopter des comportements favorables à l’éducation et à l’épanouissement des filles.

Toutes ces actions, conjuguées avec celles des partenaires et des organisations de la société civile, ont produit certes des effets positifs, mais n’ont pas été suffisantes pour enrayer la violence faite aux filles.

 Nous devons ensemble poursuivre les efforts pour renforcer des capacités des filles à faire respecter leurs droits. Il est impératif et urgent de nous impliquer en donnant une attention accrue aux filles vulnérables et en allant au delà de la sensibilisation, pour dénoncer  et faire sanctionner  les violences à l’endroit des filles, en conformité avec nos lois.

Le gouvernement saisit l’occasion de cette journée pour remercier tous les acteurs  qui s’investissent pour la protection des filles contre les violences, notamment les parents, les femmes et les hommes,  les filles, les garçons, les autorités traditionnelles,  les autorités religieuses, les organisations de la société civile, les acteurs de la sécurité et de la justice, les éducateurs, et  les medias .

Nous pouvons et devons éradiquer les violences à l’endroit des filles pour leur permettre de se réaliser et de s’épanouir dans les mêmes conditions que leurs frères.

Pour ce faire,  le gouvernement intensifiera ses efforts pour briser le cycle de la violence à l’endroit des filles en comptant sur et en développant les capacités des filles. La journée internationale de la fille nous offre l’opportunité d’inviter filles et garçons, hommes et femmes,  parents, enseignants, leaders traditionnels et religieux, hommes de media, forces de l’ordre et de sécurité, personnel de santé, travailleurs sociaux, para-juristes, magistrats, auxiliaires de justice, partenaires techniques et financiers, à nous rejoindre dans une alliance citoyenne contre la violence faite aux filles.

  Mesdames, messieurs,

La célébration de cette Journée nous donne l’opportunité de sensibiliser tous les acteurs à l’importance d’agir ensemble pour prévenir et réprimer  les actes de violences perpétrées contre nos filles et  pour  les aider à  avoir les capacités pour se protéger de la violence.

Dans le cadre de la célébration de cette Journée internationale de la fille, le gouvernement organise en partenariat avec les autres acteurs de la société civile et de la communauté des partenaires internationaux, plusieurs activités sur tout le territoire national.  Une activité de lancement sera organisée le samedi 11 octobre à Sokodé en collaboration avec Plan Togo. L’apothéose qui sera organisée de manière conjointe par les Ministères en charge de la promotion de la femme, de la justice et de la sécurité se déroulera au palais des congrès de Lomé le 23 octobre 2014 à partir 14 heures 30.  Cette cérémonie apothéose sera l’occasion de primer les lauréats du concours organisé par le Ministère en charge de la promotion de la femme et ses partenaires Plan Togo, UNFPA, UNICEF,  pour soutenir la lutte contre la violence faite aux filles  et encourager l’excellence académique des filles.

Bonne fête à toutes les filles du Togo,

Vive la journée internationale de la fille,

                                         Je vous remercie !

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