Journée de l’Europe: un appel à «garder la vision de Schuman»

La Journée de l’Europe, célébrée ce dimanche 9 mai dans les États membres de l’Union européenne, commémore la Déclaration Schuman du 9 mai 1950. L’occasion de renouer avec un socle de valeurs et d’idéaux promus par l’un des pères fondateurs de la construction européenne, explique le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et président de la Comece.

Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Prendre de la hauteur tout en plongeant dans les racines: c’est ce que devrait permettre la Journée de l’Europe, célébrée tous les ans le 9 mai depuis 1985.

Dans un monde globalisé où les repères essentiels s’effritent et où le projet européen ne cesse d’être contesté, le danger serait de «devenir comme les autres», met en garde le cardinal Jean-Claude Hollerich. Celui qui préside depuis 2018 la Commission des Épiscopats de la Communauté européenne (Comece) en est certain: «il faut garder la vision de Schuman», homme dont la foi animait l’engagement politique, et qui aspirait à une «paix profonde en Europe», «au bien commun». L’Europe ne devrait donc pas se contenter de favoriser l’intégration européenne, mais œuvrer pour que ces mêmes idéaux restent vivants et inspirent les nations au niveau mondial.

Ne pas se décourager face aux pressions

L’archevêque de Luxembourg s’aperçoit aussi que «beaucoup d’hommes politiques en Europe (…) ont des idéaux très élevés», mais les étouffent parfois face aux pressions ou à d’autres intérêts. «Le dialogue avec le Saint-Siège» permet à cet égard de ne pas perdre de vue le multilatéralisme, la solidarité, ou encore l’engagement pour la justice et la protection de l’environnement. Les discours du Pape François bénéficient également d’un large écho qui se traduit parfois en engagements concrets.

Cette année marque également le 50e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre l’Europe et le Saint-Siège – un parcours spirituel et culturel sera inauguré pour l’occasion ce 9 mai à Rome. Le 30 juin 1970, la nonciature apostolique auprès de ce qui était alors la Communauté européenne, ouverte par la volonté du Pape Paul VI, établissait en effet les premières relations avec les Communautés européennes, obtenant que le chef de la mission diplomatique du Saint-Siège reçoive également le titre de doyen du corps diplomatique auprès des Communautés européennes, conformément à la tradition sanctionnée par la convention de Vienne de 1961.

Un demi-siècle plus tard, «comme témoin, je peux constater que les relations sont excellentes», se réjouit le cardinal Hollerich.