Interview de Gogoligo sur ses actions de lutte contre le COVID-19

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« Je pense aussi que c’est en ce moment qu’on doit reconnaitre les vrais patriotes. Ce n’est pas au moment de la campagne où on va faire des T-shirts à l’effigie de ton président de parti politique. Dans ce contexte précis, ce n’est plus une affaire d’appartenance politique.»

Artiste humoriste togolais, « Premier à être décoré par le Chef de l’Etat» dans son domaine, Nutsuley Komi alias Gogoligo se montre très engagé aux côtés des populations togolaises dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus. Après des dons aux Centres de santé, il était récemment à Kpalimé, sa ville natale pour distribuer des vivres et des non vivres à la population du quartier Kpodzi. Interrogé au sujet de ces actions qu’il mène sur le terrain, il s’est montré ouvert à répondre à nos questions. Veuillez donc lire ses propos !

Bonjour Gogoligo !

Bonjour, chers amis journalistes !

Dites-nous les constats que vous avez faits et qui justifient vos actions sur le terrain depuis le déclenchement de cette crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus?

Je ferai tout d’abord remarquer que c’est la population qui fait de nous qui nous sommes. Et si nous sommes à ce niveau aujourd’hui c’est grâce à eux. Ce sont eux qui nous ont donné de la crédibilité, qui ont cru en nous. Et cela nous oblige à aller vers eux pour leur porter un coup de main, aussi petit que soit-il. Ce n’est pas parce que nous avons des millions ou des milliards mais dans la vie quand tu te sens capable de faire un geste alors tu ne dois plus hésiter. L’autre constat c’est que les informations circulent à propos du coronavirus mais quand vous rentrez dans les zones les plus reculées, vous comprendrez facilement et malheureusement que les populations n’ont pas les bonnes informations sur la pandémie du Coronavirus. Cette situation les amène à minimiser ce qui se passe. Or nous avons presque tous des parents, des amis et frères qui vivent dans les localités. Donc s’il advenait que l’un d’entre eux est attaqué par la maladie, c’est nous qui sommes psychologiquement attaqués. C’est pourquoi nous essayons chaque fois de leur expliquer la maladie, de les sensibiliser sur les dispositions et les précautions à prendre pour éviter ce mal avant de leur donner le peu que nous avons. Imaginez vous-même un peu la situation qui se passe actuellement à Lomé alors que c’est à partir d’ici que nous arrivons à leur envoyer de temps en temps quelque chose. Voilà ce que nous avons pu faire aussi!

2-En tant que citoyen togolais, quel regard portez-vous sur la manière de gestion de la crise sanitaire par l’Etat à travers les mesures prises ?

Au début nous étions tous inquiets croyant que les autorités n’agissaient pas alors qu’elles peaufinaient leurs stratégies de riposte. Mais avec la sortie de notre Président de la République et les différentes mesures et initiatives prises par le gouvernement, je me dis personnellement qu’ils font de leur mieux. Il nous revient aussi en tant que citoyens de prendre notre destin en main. Nous n’allons pas rester quelque part pour crier chaque fois l’Etat doit faire ci et ça. Tout le monde doit se mettre en tête que l’Etat c’est moi, l’Etat c’est aussi l’autre et en fonction de cela nous allons ensemble agir.

Je pense aussi que c’est en ce moment qu’on doit reconnaitre les vrais patriotes. Ce n’est pas au moment de la campagne où on va faire des T-shirts à l’effigie de ton président de parti politique. Dans ce contexte précis, ce n’est plus une affaire d’appartenance politique.

3-Au Togo, il n’y a pas que des pauvres il y a aussi des gens qui ont un peu de moyens, que leur conseillerez en ces moments difficiles vis-à-vis des couches défavorisées de notre pays ?

Mes amis, donner c’est un don de Dieu. Tout le monde ne peut pas donner. Tout simplement parce que certains n’ont pas cela en eux. On ne peut pas obliger quelqu’un à faire de dons. Si lui-même juge bon de partager avec les gens qui souffrent dans son entourage ou ailleurs alors il le fera. Vous savez les gens ont des milliards ou beaucoup de moyens mais ils ne peuvent pas offrir aux autres. Donc, moi je ne donnerai de conseil à personne. Si quelqu’un a un peu de moyens et il veut partager avec les autres, il est libre de le faire de tout son gré.

4-A l’égard de nos concitoyens qui aiment bien vous écouter, qu’avez-vous à leur donner comme conseils en ces temps de la crise sanitaire?

Que chacun de nous prenne sur lui de respecter strictement les règles et les mesures prises. Faisons tous un effort de les respecter.  Que personne ne dise c’est ce qui doit être fait et puis se laisser aller. Avant tout, c’est notre vie qui est en jeu. Nous n’allons pas négliger les mesures pour nous faire infecter avant de commencer par réfléchir.

5-Souhaiteriez-vous vous prononcer sur les mauvaises interprétations que certains ont fait récemment de vos propos qu’ils ont déplacé de leur cadre ? (Si non, pas de problème)

Je ne vais pas trop m’attarder sur cela. Vous savez il y a des gens qui sont spécialistes dans ces genres de pratiques. Ils attendent que vous disiez quelque chose, puis eux ils iront développer vos propos ou ils choisissent leur angle comme vous les journalistes vous le dites souvent. Mais dans tout cela, l’essentiel est que ceux à qui je m’adressais ont compris le fond de mon message qui n’était destiné en rien à insulter ou encore à vilipender quelqu’un. C’est l’essentiel pour moi.

Avez-vous un vœu pour le peuple togolais, africain et ceux du monde entier ?

Un vœu, c’est que soyons tous en bonne santé et pouvoir continuer nos activités après cette période. C’est pourquoi j’insiste sur la nécessité de pratiquer les mesures prises dans le cadre de la lutte contre cette pandémie.

Gogoligo, merci beaucoup pour la disponibilité !

Mes amis, c’est plutôt moi qui vous remercie.

Des propos recueillis et transcrits par Jacob K. ATALI et Bienvenu AMOUH

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