Le PPT dénonce de « graves » atteintes à la liberté de presse en 2021 au Togo

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Le Patronat de la presse togolais (PPT), a dénoncé de « graves » atteintes à la liberté de presse en 2021 au Togo lors d’une conférence de presse organisée le lundi 17 janvier à Lomé. « L’année 2021 a été la plus sombre de l’ère démocratique au Togo en termes de liberté, marquée par la suspension de parutions des journaux, les retraits de récépissés, des arrestations, des mises sur écoute et espionnages des journalistes », a affirmé le président du PPT, Akollor Sassou Atialo dans une déclaration liminaire. A cela s’ajoute « les inculpations et emprisonnements des journalistes pour délits de presse qui sont autant d’événements qui poussent désormais bon nombre de médias à l’autocensure ».
Le président a rappelé quelques évènements phares, entre autres, le 26 janvier 2021, le retrait du récépissé à l’hebdomadaire « L’Indépendant express » dans l’affaire « Scoop de fin d’année : Femmes ministres interpellées pour vol de cuillères dorées » ; le 5 février 2021, la suspension du bihebdomadaire « L’alternative » de 4 mois de parution dans l’affaire du ministre Tsolenyanu ; le 3 novembre 2021, la suspension du bimensuel « La Symphonie » de 2 mois de parution pour avoir souligné l’irrégularité de la décision de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) à l’endroit du journal « The Guardian ». Cette décision a été annulée le 9 décembre 2021 par la chambre administrative de la Cour Suprême.
A l’attention des professionnels des médias et de l’opinion publique tant nationale qu’internationale, il a rappelé certains faits au sujet de la polémique autour de l’article 3 du code de la presse et de la communication. Pour lui, pour assainir le cadre légal défavorable à l’ancrage de la liberté de presse au Togo, le nouveau code de la presse et de la communication bien qu’intégrant désormais la régulation de la presse en ligne comporte des dispositions aux antipodes de la dépénalisation des délits de presse.
Selon M. Akollor, il s’agit, entres autres, de l’article 3, alinéa 2, qui écarte les réseaux sociaux de son champ d’application: « les réseaux sociaux sont également exclus du champ d’application du présent code, lesquels sont soumis aux dispositions du droit commun » et l’article 5 relatif à la presse en ligne qui précise que « ne peuvent être reconnus comme organes de presse en ligne les blogs, les réseaux sociaux notamment, Facebook, Whasapp, Twitter, Imo, Instagram et autres ». Or d’après le président du PPT les blogs et les réseaux sociaux constituent non seulement des outils de communication pour les journalistes mais aussi des extensions pour les médias traditionnels (presse écrite, radio et télévision). Aussi, dit-il, en les excluant du champ d’application du code de la presse et de la communication, cela fera des professionnels des médias togolais, des journalistes de seconde zone. Le président a, pour finir, appelé à la mobilisation de tous les professionnels des medias, de toutes les organisations professionnelles de la presse, tant du privé que du public en vue d’une relecture du nouveau code de la presse et de la
communication pour pallier aux manquements. Il a exhorté les professionnels des médias à une autocritique sincère et à plus de professionnalisme pour ne pas enfreindre la loi.
DTV/KYA

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