Zoom sur l’association pour la Promotion de la Femme Handicapée au Togo (APROFEHTO)

Bonjour, madame

Veuillez-vous présenter à nos lecteurs

 Je me nomme SEBABE Tènè je suis la Présidente du conseil d’administration de l’Association pour la Promotion de la Femme Handicapée au Togo (APROFEHTO) membre du conseil d’Administration de la Fédération togolaise des associations de / pour Personne Handicapée. Je suis fonctionnaire à la commune d’Agoè- Nyivé 1 je suis mariée et mère de famille.

 Que doit savoir le public sur votre Association ?

 Association pour la Promotion de la Femme handicapée au Togo a été créée le 25 Avril 1997 à Lomé par un groupe de femmes handicapées conscientes de  toutes sortes de  discrimination dont elles sont victimes. Elles ont décidé de se mettre ensemble pour défendre leurs droits. Il faut reconnaître que les femmes handicapées ne  sont pas prises en compte dans la politique nationale, elles  ne sont ni associées aux discussions concernant la femme. On ne les retrouve pas dans les cadres nationaux d’échanges elles sont victimes de toutes sortes de violences …..

Notre association à son siège à Djidjolé en face du marché, elle a un conseil d’administration  composé de sept membres élus pour un mandat de 4 ans renouvelable une seule fois  et une direction exécutive. Aujourd’hui elle représente les intérêts  d’environ 400000 (15 à 55 ans)  femmes handicapées et de mères d’enfants handicapés car au cours de nos multiples activités nous nous sommes rendues compte que ces dernières subissaient la même discrimination que nous. Elle a pour objectif la promotion du bien-être physique financier et moral des femmes handicapées. Elle est la seule Association membre de la Fédération Togolaise des Associations de/pour Personne handicapée dont elle est membre du conseil d’Administration.

 Qui peut être membre de votre association et les critères pour en faire ?

 Peut être membre toute personne handicapée ou non jouissant de ses droits civiques et moraux, qui adhère à nos statuts. Ainsi nous avons quatre types de membre (membres fondateur, membres actifs membres sympathisants et membre d’honneur) ;

L’adhésion est faite par demande écrite ou verbale adressée à la Présidente du conseil d’Administration. Elle devient effective sur approbation de l’Assemblée Générale. Le membre admis fournit deux photos d’identité et un droit d’adhésion qui est 1500 F CFA pour chaque individu  et 2000F CFA pour la mère d’enfant handicapé.

 Quelles sont vos missions sur le terrain ?

Sur la base de sa vision qui est de « voir un Togo où la femme handicapée jouit des mêmes droits et opportunités que les autres » elle évalue les besoins de son groupe cible et mobilise des ressources pour réaliser les activités afin de répondre aux besoins de leurs membres, elle a mené des missions comme :

 -Sensibilisation de la communauté sur les droits de personnes

-Action de plaidoyer pour la scolarisation de la jeune fille et garçon handicapé

–Formation des femmes handicapées sur les droits et devoirs et sur comment créer et gérer les activités génératrices des revenus

-Promotion des soins médicaux et orthopédiques

C’est ainsi elle a piloté plusieurs projets de sa création dont je vous liste ses projets phares :

           Femme handicapée et le Leadership en 2012 financé par GIZ,

          Femme handicapée mentale et le VIH/SIDA en 2013 financé par ROFAF,

          Femme handicapée et la planification familiale en 2014 financé  par la FETAPH,

          Femme handicapée et la vie politique en 2015 financé par ROFAF,

          Plaidoyer pour l’autonomisation de la femme handicapée et de la mère d’enfant handicapé de 2012-2016 financé par CBM

          Inclusion et renforcement de la capacité socio-économique de la femme handicapée et mère d’enfant handicapé de 2017-2018 financé par CBM,

          Femmes handicapées en action pour l’inclusion au Togo dont les partenaires financiers et techniques sont BMZ et CBM couvre la région maritime et la région des plateaux. Comme vous devez le remarquer  tous ces projets ont été financés  par différents partenaires. Depuis que l’APROFEHTO a été créée elle n’a jamais reçu un financement direct de l’Etat  pour mener à bien notre mission.  . C’est le lieu de dire un sincère merci tous ces partenaires et spécialement à CBM et BMZ qui continuent de nous soutenir dans cette noble cause. 

Avec la pandémie actuelle, comment comptez atteindre vos objectifs ?

 Effectivement la pandémie de COVID 19 a beaucoup pesé sur nos activités avec les mesures d’urgence prises par l’État ça n’a pas du tout été facile surtout que nos activités étaient concentrées hors de Grand Lomé on avait prévu le lancement d’un projet à Tsévié à cause de la pandémie on a dû avorter  de même que plusieurs formations prévues dans les zones de projet ont été mises en suspens.  Pour ne pas rester sans rien faire durant les mesures d’urgence prises par l’État avec d’autres partenaires on a écrit un projet dénommé « action de riposte au COVID 19 » financé par BMZ sur la supervision de CMB.

Il faut reconnaitre que Novissi  mis en place par l’Etat n’a pas pris en compte un bon nombre de personnes handicapées car  ils n’avaient pas la carte d’électeur parce que très souvent la plupart des centres d’enroulement ne sont pas accessibles aux personnes handicapées et avec la pandémie le fossé de pauvreté s’est encore agrandi. Ce projet consistait à mettre à la disposition des personnes handicapées et leur communauté de kits alimentaires, des dispositifs de lavage de mains, des masques lavables communément appelés cache-nez, des dépliants sur les mesures de prévention les a donnés un ouf de soulagement. Tout juste après les mesures d’urgence prises par l’État nous sommes passés à la vitesse supérieure tout en respectant les mesures barrières pour pouvoir atteindre nos objectifs.

Mot de fin
Je remercie le journal Lomé bouge info pour cette opportunité qu’elle m’a donnée pour m’exprimer sur la question de la femme handicapée. Je lance un appel à l’état togolais de tourner un regard vers nous et de nous accompagner dans cette noble lutte. Aux femmes handicapées je leur demande d’arrêter de s’apitoyer sur leur sort car l’handicap n’est une fin en soit il faut seulement qu’elles l’acceptent et luttent pour leur épanouissement car dit- on vouloir c’est pouvoir. Pour finir je dis grand merci à tous vos lecteurs et à toute ma famille qui ne cesse jamais de me souvenir

A B