Trafic illicite et dangereux d’espèce faunique : l’éléphant d’Afrique sur la liste rouge d’extinction

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), a révélé dans son dernier rapport que l’éléphant bien qu’entièrement protégé, reste toujours sur la liste rouge et que l’éléphant de forêt est en danger critique à cause du trafic illicite et illégal d’ivoire. Au Togo la menace est aussi réelle.

En effet, l’éléphant que ce soit de forêt ou de savane est menacé d’extinction à cause du braconnage encouragé par le trafic illicite de ses défenses et de la perte de son habitat par la déforestation au profit de la culture. Selon les estimations les plus récentes, le nombre d’éléphants de forêt a chuté de plus de 86% en trente ans. Séparés en deux espèces distinctes, les pachydermes de savane et de forêt sont désormais respectivement classés comme «en danger» et «en danger critique» d’extinction sur la liste rouge de l’UICN.

L’un foule majestueusement la savane en icône du continent africain. L’autre, plus farouche, préfère rester caché dans la forêt. Pour la première fois, l’UICN sépare les éléphants d’Afrique en deux espèces : les éléphants de savane «en danger » d’extinction et les éléphants de forêt « en danger critique ». Selon les estimations les plus récentes, le nombre d’éléphants de forêt a chuté de plus de 86 % en trente ans, et celui des éléphants de savane d’au moins 60 % ces cinquante dernières années. Ce bilan globalement alarmant est toutefois variable selon les régions.

L’éléphant est très fortement affecté par le développement de l’agriculture, qui empiète sur son lieu de vie. Aussi, l’animal est mis en péril par l’épuisement de certains points d’eau et la raréfaction des fruits dont il se nourrit. Par exemple, le changement climatique a également fait chuter la production de fruits de 81 % en trente ans dans le Parc national de la Lopé, au centre du Gabon. En conséquence, « la masse corporelle des éléphants a chuté de 11 % entre 2008 et 2018 », a révélé le WWF.

Le trafic illicite d’ivoire reste une menace existentielle majeure pour l’éléphant, surtout que le cycle de vie et de reproduction du mammifère est lent. C’est encore plus vrai pour l’éléphant de forêt qui vit plus longtemps que son cousin de savane. La chute du nombre de spécimens pour les deux espèces s’est accélérée depuis 2008, quand le trafic illégal pour les défenses d’éléphant s’est intensifié, pour atteindre son apogée en 2011. Et même si le phénomène a perdu en intensité, il continue de menacer les éléphants, ce qui met l’éléphant sur la liste rouge. Il y a 50 ans, environ 1,5 million d’éléphants sillonnaient toute l’Afrique mais le plus récent recensement des grands mammifères n’en dénombrait plus que 415.000. Quel désastre !

La pandémie a elle aussi un impact sur les efforts de protection de la nature en privant les pays des revenus du tourisme qui servaient à financer en partie ces efforts. Pourtant, les éléphants d’Afrique jouent un rôle clé dans les écosystèmes, les économies et dans l’imaginaire collectif.

Au Togo, bien que des efforts soient faits pour la protection des espèces sauvages en voie d’extinction, l’éléphant reste aussi menacé d’extinction. Le parc d’éléphant n’attire plus pour autant, mais le pays constitue une plaque tournante de transit pour le transfert illicite des ivoires. En effet, L’Office Central de Répression du Trafic illicite de Drogue et du Blanchiment (OCTRIDB), la Brigade de Recherche et d’Investigation (BRI) de Kara et le Ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières (MERF) en collaboration avec EAGLE-Togo ont enregistré plusieurs cas d’arrestations et de saisies de défenses d’éléphants.

Les plus récents sont les opérations d’arrestations des mois d’avril et de mai derniers, pour lesquelles dix présumés trafiquants opérants dans le commerce illégal de l’ivoire ont été arrêtés en possession de plus d’une quinzaine de défenses d’éléphants à Lomé et à Kara.

Le nouveau code pénal dans son volet environnement renforce la protection de la faune et la flore. L’article 761 de ce code dispose : « La destruction et la commercialisation, directe ou indirecte, sans droit d’espèces animales ou végétales protégées en vertu des dispositions législatives et réglementaires en vigueur et des conventions internationales auxquelles la République du Togo est partie est punie d’une peine d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende d’un million à cinquante millions sans préjudice de toute autre disposition du présent code ». Et, l’article  796 de ce même code d’ajouter : « Quiconque fait circuler, vend, importe, exporte ou fait transiter le animaux sauvages, vivants, des trophées sans autorisation est puni d’une peine d’emprisonnement d’un à six mois et d’une amende de cent mille à cinq cent mille francs CFA ou de l’une de ces deux peines »Mais la protection de l’éléphant ne vise pas seulement la préservation de l’espèce. Elle contribue à la biodiversité et à la présence d’habitats pour d’autres espèces, à la dispersion et à la germination des graines pour les essences d’arbres, ainsi qu’au tourisme. Celui-ci est vital pour les populations rurales, dont les emplois et les moyens de subsistance sont liés à ce secteur et à des secteurs connexes, comme l’alimentation et le transport, qui sont plus durables et qui affichent un potentiel de croissance plus important. (EAGLE-Togo)