Situation critique des migrants sur l’île de Lesbos

Les conditions de vie dans lesquelles vivent près de 19 000 personnes dans le camp de Moria montrent qu’aucune solution politique n’a été trouvée au niveau européen pour régler la crise migratoire. Plusieurs ONG ont fait part de leur indignation.

Olivier Bonnel-Vatican News

Une fillette de six ans est morte lundi dans un incendie qui a éclaté dans le camp de réfugiés de Moria sur l’île grecque de Lesbos. Une énième tragédie dans cette «prison à ciel ouvert» comme le décrivent de nombreuses ONG. Plus de 19.000 personnes habitent en effet dans des conditions sanitaires catastrophiques, dans ce camps dont la capacité d’accueil est limitée à 2600 personnes. Les causes de cet incendie sont encore indeterminées. 

«C’est une tragédie évitable dont l’Union européenne doit ressentir tout le poids de la responsabilité» s’est indigné le père jésuite Camillo Ripamonti, président du Centre Astalli de Rome qui accueille des réfugiés.  «Rester indifférent alors que des milliers de migrants vivent en Europe dans des conditions inhumaines, ajoute t-il est inacceptable et profondément injuste et sont une grave violation des principes fondamentaux de notre civilisation

Les risques du coronavirus

Selon le Centre Astalli, pour résoudre une situation qui a longtemps été une honte pour l’ensemble de l’Europe, nous avons besoin d’une évacuation, d’une redistribution immédiate des migrants de Grèce et de la résiliation des accords de 2016 avec la Turquie. Depuis que Ankara a ouvert sa frontière fin février, près de 2000 migrants sont arrivés sur les îles de la Mer Egée. La crise migratoire ne concerne pas que ces îles: 15.000 personnes sont ainsi quasi-confinées sous des tentes aux abords du poste-frontière de Pazarkule, à la frontière greco-turque, sur le continent.


De son côté, Médecins Sans Frontières (MSF) rappelle que cet incendie à Moria n’est que la suite d’une funeste série, à peine deux mois après celui qui a éclaté dans le camp de Kara Tepe et celui qui avait déjà frappé Moria en septembre dernier. Outre les conditions de vie très difficile, l’apparition de l’épidémie de coronavirus augmente l’inquiétude des travailleurs humanitaires sur place. « Dans certaines parties du camp de Moria, il n’y a qu’un seul point d’eau pour 1 300 personnes et pas de savon. Des familles de cinq ou six personnes doivent dormir dans des espaces ne dépassant pas 3m². Cela signifie que les mesures recommandées comme le lavage fréquent des mains et la distanciation sociale pour prévenir la propagation du virus sont tout simplement impossibles », explique le Dr Hilde Vochten, coordinatrice médicale MSF en Grèce.