Ordination de Mgr Mambé Emien, premier nonce ivoirien

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Ce samedi à Abidjan, le Secrétaire d’État du Saint-Siège a ordonné évêque Mgr Jean-Sylvain Mambé Emien, récemment nommé nonce au Mali par le Pape. «L’évêque est un serviteur du projet de Dieu, et pour cette raison, un serviteur de l’Eglise et des hommes». Dans son homélie le cardinal Pietro Parolin est revenu sur l’humilité et le discernement nécessaires à cette charge, il a également souligné l’importance de défendre le dialogue interreligieux au Mali, pays où sévissent des djihadistes.

Marie Duhamel (Vatican) et Marcel Ariston Blé (Côte d’Ivoire)

«Pour votre Église, c’est un moment particulier de joie. Un fils de votre terre est choisi pour l’épiscopat, et envoyé représenter le Pape auprès des États et Églises». Ce samedi 7 mai en la cathédrale Saint-Paul d’Abijan-Plateau, le cardinal Parolin a présidé l’ordination épiscopale de Mgr Jean-Sylvain Mambé, premier nonce apostolique originaire de Côte d’Ivoire, un des premiers venant du continent africain.

Élévation et humilité

«Est-ce une élévation comme cela est souvent écrit dans les bulles de nomination, ou s’agit-il de s’abaisser, de s’incliner avec humilité sur les plaies de l’Église et du monde pour y verser le baume bienfaisant de la Parole de Dieu et de la charité ?» s’est interrogé le cardinal Parolin. Les deux perspectives, si elles sont bien comprises, ne sont pas en opposition, estime-t-il.

Le fait d’être successeur des apôtres rappelle le Secrétaire d’Etat du Saint Siège à Mgr Jean Sylvain doit l’inviter à se placer en hauteur pour mieux voir les besoins et les souffrances de son peuple.

«Chaque évêque avec un cœur réchauffé par l’expérience de la résurrection du Christ (…) devra s’élever pour courir au-devant des demandes de la communauté ecclésiale et chercher des solutions appropriées. Lorsque cela n’est pas humainement possible, il devra emprunter un sentier de prière et de patience jusqu’à ce que le brouillard se dissipe et qu’il y ait suffisamment de clarté pour prendre des décisions appropriées. C’est un chemin de prudence et d’audace, de prière et d’attente, de zèle apostolique et d’abandon total au projet de Dieu même. Ce qui doit ressortir, c’est que le projet n’est pas le nôtre mais celui de Dieu. L’évêque est un serviteur du projet de Dieu et, précisément pour cette raison, un serviteur de l’Église et des frères. Un collaborateur éminent de leur joie est pas un dominateur de leur foi», a expliqué le cardinal Parolin.

Prière, adoration et méditation

Pour mettre en pratique ce programme de vie et mener à bien sa mission, le Secrétaire d’État a prodigué quelques conseils à Mgr Mambé Emien: «Il est nécessaire de s’élever vers le Seigneur, de contempler son visage, de se souvenir toujours de ses paroles. Il est autrement dit nécessaire de nourrir quotidiennement l’esprit par la prière, l’adoration et la méditation». Le cardinal Parolin lui suggère «de gravir une haute montagne et d’être un peu seul avec le Seigneur de tout ramener à Lui et de tout recevoir de Lui», tout en se tenant «au milieu des gens», de leur espérance et de leurs problèmes. Il juge enfin nécessaire «de penser et d’agir toujours en Église et avec l’Église afin que le travail et les efforts de chacun soit coordonné et harmonisé avec ceux de tous les autres».

«Servir et non pas être servi», la devise épiscopale du nouvel évêque est «exigeante» estime le cardinal Parolin. Celle-ci le met face au sens profond de son élection et le pousse à un examen quotidien de son âme, son esprit et de son cœur afin d’examiner le chemin parcouru et celui à entreprendre à la lumière éternelle de l’Évangile.

Dialogue et défense de la liberté religieuse au Mali

Sur la mission qui attend le nouveau nonce au Mali, un pays à majorité musulmane qui a connu le début d’une évangélisation en 1888 grâce à l’action des pères spiritains et des pères blancs, le cardinal Parolin a invité Mgr Mambé Emien à «faire sentir la proximité pastorale» du Saint-Père aux communautés de fidèles catholiques de tout le pays. Cela permettra, assure-t-il, d’accroître les liens mutuels de communion, en présentant les enseignements du Pape à ces communautés et en faisant connaître au Saint-Père les spécificités et les attentes de l’Église au Mali.

D’autre part, il sera opportun de poursuivre l’engagement en faveur d’un dialogue interreligieux efficace, notamment avec les communautés et les personnalités institutionnelles représentant l’Islam, estime le Secrétaire d’Etat. Le Mali est un pays où sévissent des groupes extrémistes qui alimentent la violence et sèment la peur dans différentes communautés. «Dans cette situation difficile, la tâche principale du représentant pontifical sera de tout mettre en œuvre pour défendre la liberté religieuse en rejetant toute discrimination pour des motifs ethniques ou religieux et en encourageant le dialogue pour obtenir la concorde et la paix» a conclu le cardinal Parolin.

Une fête à Abidjan

Ce samedi, cette messe d’ordination a été célébrée dans une grande ferveur chrétienne, en reconnaissance au Seigneur pour tous ses bienfaits accordés à l’Église de Côte d’Ivoire, particulièrement à son humble serviteur Mgr Emien. Présidée par le cardinal Parolin, elle a été concélébrée par le cardinal Jean-Pierre Kutwa, archevêque d’Abidjan, et par Mgr Jean Salomon Lezoutié, l’évêque de Yopougon, diocèse d’origine de Mgr Mambé Emien.

Outre les nombreux évêques ivoiriens, figuraient parmi les personnalités présentes lors de cette célébration, le cardinal Jean Zerbo, archevêque de Bamako au Mali, le Premier ministre ivoirien et la première dame du pays.

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