Nicaragua: le gouvernement ferme les stations de radio du diocèse de Matagalpa

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Peu avant midi le lundi 1er août, des équipes de l’Institut nicaraguayen des télécommunications et de la Poste nicaraguayenne se sont rendues dans les locaux de Radio Hermanos du diocèse de Matagalpa dans le centre du pays pour lui notifier sa fermeture. Elles ont également ordonné la saisie de l’équipement et remis un document indiquant la raison de la fermeture de cet important média du nord du pays.

Dans un communiqué rendu public le lundi 1er août et signé dans la ville de Matagalpa, l’Église fait état du contenu de la lettre reçue le même jour de la part de la directrice générale de l’Institut nicaraguayen des télécommunications et des postes, TELCOR, Nahima Janett Díaz Florez, pour communiquer la fermeture de Radio Hermanos au motif que depuis le 20 janvier 2003, elle ne dispose pas de licence.

Outre la plus ancienne radio catholique de Matagalpa, Radio Hermanos, Radio Católica de Sébaco, Radio Nuestra Señora de Lourdes, La Dalia, Radio Alliens de San Dionisio, Radio Monte Carmelo de Río Blanco, Radio San José de Matiguas et Radio Santa Lucía de Ciudad Darío ont également été censurées ce lundi.

Néanmoins, l’Église affirme vouloir continuer «à signaler et à dénoncer toute situation de ce type qui continue à violer la liberté d’expression et la liberté de religion au Nicaragua.»

Enfin, dans le communiqué du diocèse de Matagalpa, son évêque, Mgr Rolando Álvarez, invite le peuple de Dieu à «continuer à plier les genoux, jeudi prochain, jour du saint Curé d’Ars, en priant pour la protection et la sanctification des prêtres, et le vendredi 5 août, jour de jeûne et de prière, car la prière sauvera le Nicaragua».

Oppression des médias et de l’opposition

Fin juillet, le quotidien nicaraguayen La Prensa, critique à l’égard du gouvernement du président Daniel Ortega, indiquait que tout son personnel, dont des journalistes et des photographes, avait quitté le pays récemment par crainte d’être emprisonnés. Une mesure prise à la suite de l’arrestation de deux chauffeurs du journal le 6 juillet, qui ont ensuite été placés en détention provisoire pour une durée de 90 jours, le temps d’une enquête sur des infractions non précisées.

La Prensa indique qu’elle «est en train de réorganiser sa rédaction à l’étranger» afin de poursuivre ses éditions depuis l’extérieur du pays.

Par ailleurs, le pouvoir continue de sanctionner des figures de l’opposition. Parmi les personnes détenues, en prison ou en résidence surveillée, figurent sept anciens candidats à la présidence qui avaient l’intention de se présenter aux élections de novembre 2021, où Daniel Ortega a été réélu pour un quatrième mandat consécutif. Le chef de l’état a accusé les opposants emprisonnés «de financer ou de rechercher les ressources et le soutien des Yankees» pour déstabiliser le pays en 2018. La répression de ces manifestations cette année-là avait fait au moins 355 morts, selon la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH)

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