La BNS prévoit un bénéfice de 21 milliards de francs en 2020

La Banque nationale suisse (BNS) indique vendredi avoir dégagé l’an dernier un bénéfice d’environ 21 milliards de francs, selon des chiffres provisoires. L’institut d’émission prévoit de redistribuer 4 milliards à la Confédération et aux cantons.

La BNS prévoit par ailleurs un dividende de 15 francs par action représentant le maximum prévu par la loi.

Le garant de la stabilité monétaire projette d’attribuer 6,3 milliards à la provision pour réserves monétaires et calcule que le bénéfice porté au bilan atteindra près de 98 milliards, après prise en compte de la réserve pour distribution future de 84 milliards et du versement de 4 milliards.

Ce dernier montant, dont un tiers reviendra à la Confédération et le reste aux cantons, est régi par les conventions conclues en 2016 et 2020 entre la BNS et le Département fédéral des finances. Le premier accord prévoit une enveloppe de 2 milliards à chaque fois que le bénéfice dépasse les 20 milliards. Le second, limité aux années 2019 et 2020, y ajoute 2 milliards de francs additionnels en raison du niveau élevé des réserves.

De l’argent pour sortir de la crise?

Pour le conseiller national Olivier Feller (PLR/VD), les quatre milliards reversés à la Confédération sont suffisants et l’argent de la BNS ne devrait pas servir à lutter contre la crise.

« Aujourd’hui, on veut utiliser ces avoirs pour financer les mesures socio-économiques en lien avec la crise. Je crois que le but de la BNS est d’assurer la stabilité des prix, et pour cela elle a besoin d’un certain nombre d’outils. Elle n’accumule pas des richesses par appât du gain, mais elle a besoin de ces outils, par exemple pour lutter contre le franc fort ou peut-être un jour pour enrayer une spirale inflationniste », indique-t-il dans l’émission Forum.

Le conseiller national Samuel Bendahan (PS/VD) souhaiterait pour sa part que l’argent soit utilisé dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

« Je ne comprends pas comment ça peut choquer certaines personnes de dire qu’on utilise cet argent plutôt que le laisser dormir pour des raisons de stabilité, alors qu’il ne serait pas touché, mais que ça ne choque pas que des personnes quotidiennement disent qu’elles n’arrivent pas à survivre, avec des restaurants qui ferment et des acteurs culturels qui n’arrivent pas à travailler. Il y a des besoins de cash maintenant et une pile de cash traîne au niveau de la BNS. Il y a tellement d’argent que si elle le distribuait ça ne changerait rien à la stabilité des prix », assure-t-il.

Dans le détail des résultats de la BNS, les positions en monnaies étrangères ont généré une plus-value de 13 milliards, quand l’inflation de l’or a fait grimper la valeur des réserves de métal jaune de 7 milliards. Les positions en francs ont affiché un gain d’un peu plus d’un milliard.

La performance s’inscrit un peu en deçà des 25 milliards récemment articulés par UBS et demeure très inférieure aux 49 milliards affichés un an plus tôt.

Les résultats définitifs seront publiés le 1er mars.

gma avec ats