Interview exclusive du maire de la commune Golfe 6, Jean-Baptiste Koffi DAGBOVIE

Jean-Baptiste Koffi DAGBOVIE, le maire de la commune du Golfe 6 travaille en symbiose avec ses collaborateurs. Depuis plus d’une année, la décentralisation tant rêvée pour le Togo est rentrée dans une phase active. Après les élections municipales, chaque commune a été dotée du pouvoir nécessaire pour se prendre en charge. Cette tâche que découvre pour la première fois, les maires et leurs conseillers n’est pas facile mais vaut la peine.

Pour mieux comprendre le fonctionnement de la mairie, l’expérience de la décentralisation, entre autres, Lomebougeinfo a interviewé le maire Jean-Baptiste Koffi DAGBOVIE. Voici l’intégralité de l’entretien. 

Bonjour M. Le maire, comment se porte aujourd’hui votre commune ?

La commune du Golfe 6 se porte très bien. Nous travaillons comme il se doit. Notre commune est grande avec une population d’environ 200 000 habitants. Nous avons aussi 19 conseillers, 4 membres pour l’exécutif. Tout va bien. 

Plus d’une année après l’effectivité de la décentralisation, comment trouvez-vous cette nouvelle expérience ?

Diriger une commune est une noble mission. Nous vivons avec les concitoyens au quotidien. Nous sommes plus proches de la population et nous essayons de trouver des solutions par rapport aux problèmes qui se posent. Les gens sont contents de cette proximité.

Une année, c’est trop tôt mais assez pour en tirer beaucoup de leçons. Je peux vous rassurer que la commune de Baguida  est particulière. Nous avons une pluralité de partis politiques au sein du conseil municipal. Ce qui amène à faire le tour puis la synthèse des différents avis avant les prises de décision. Il est vrai que nous avions pris du temps à critiquer ceux qui nous dirigent mais aujourd’hui nous sommes dans la réalité. C’est un  grand plaisir d’être à la tête de cette commune du golfe 6.

Pouvez-vous évoquer quelques réalisations phares au niveau de la commune ?

Nous avons hérité d’une situation embarrassante au niveau de l’état civil. Les actes de naissance établis de 1995 à 2005 n’ont pas de souche. C’est un réel problème dans la mesure où nos concitoyens ont d’énormes difficultés pour se faire établir les passeports. Nous avons rompu avec cette chaine et aujourd’hui, nous pouvons dire que nous avons les meilleurs états civils au Togo.

En dehors de cet aspect, notons qu’il n’y avait au départ que deux états civils dans notre commune. Aujourd’hui, nous en avons mis 8 en place afin de rapprocher l’administration des administrés. Tout ce qui peut se faire à la mairie centrale peut également se faire au niveau des autres états civils. Pour la légalisation par exemple, il faut juste 5 min pour être servi.

Je passe par ce canal pour réaffirmer que l’établissement des actes de naissance est gratuit. Il y a des personnes qui prennent de l’argent chez des citoyens mais nous le disons encore : c’est totalement gratuit.

Nos actions ont aussi touché le domaine de la  santé. Nous avons le centre de santé d’Avépozo qui est désormais ouvert. C’est vrai que c’est un donateur qui l’a mis à la disposition de la mairie mais nous avons pris toutes les dispositions pour que ce soit opérationnel. Les populations d’Avépozo en témoignent.

Nous avons réhabilité l’ancien CMS de Baguida qui était à l’abandon. Aujourd’hui, il y a une bonne partie des unités de l’actuel CMS qui y est transférée.  

Il y a également un forage que l’Ordre des Pharmaciens a offert à la population mais qui n’était pas opérationnel. Nous venons de le mettre en activité pour soulager la population.

Nous avons la toiture de l’inspection du premier degré que la mairie a refait. On peut aussi citer le centre d’accueil de Baguida, hier à l’abandon et aujourd’hui rénové. Le conseil a décidé que les mariages se célèbrent dans ces locaux. Les réalisations sont nombreuses. On a des latrines à Dévégo dans l’école primaire publique qui depuis sa construction en 1968 n’a pas de latrines. Au total, une latrine de 6 cabines a été réceptionnée pour venir à bout de la défécation à l’air lire. Nous avons même offert des table-bancs aux établissements en début d’année.

Après avoir fait le tour des écoles, nous nous sommes rendus compte que plusieurs de nos élèves n’ont pas d’actes de naissance. Ils sont au nombre de 5000 et avec l’appui du ministère de la justice, nous prévoyons des audiences foraines.

Nous sommes en temps de pandémie. Quelles sont les actions que vous menez sur le terrain pour réduire les risques de propagation ?

Nous travaillons constamment sur ce volet. Dès que nous avions eu les premiers cas dans le pays, la commune a été la première à mettre en place un comité de gestion de la pandémie. Il est présidé par la conseillère Dédé Akpédjé Messan et elle comprend  la gendarmerie, la Police, les CVD, CDQ, chefs traditionnels et quelques conseillers municipaux. Nous avons sensibilisé depuis le début de la pandémie et actuellement, notre travail est d’inviter la population à se faire vacciner.

Dans notre commune, nous avons des difficultés car certains pensaient que la pandémie était imaginaire. Néanmoins, les rares cas que nous avions enregistrés et les témoignages ont fait prendre conscience à la population. Notre travail est d’avoir les branches du comité de gestion dans tous les quartiers. 

Quel regard portez-vous sur l’apport de la population ?

Il y a beaucoup d’associations qui nous  viennent en aide. La Caisse Nationale de Sécurité Sociale du Togo (CNSS Togo) aussi nous appuie beaucoup. C’est l’occasion de saluer le travail des églises de même que les entreprises privées de notre zone. Que ce soit Dodo Cosmétics, le Port de pêche, Kekeli efficient Power, T-Oil., nous les remercions toutes et convions tout le monde à nous appuyer à tourner cette page pandémique et amorcer le développement de la commune. 

Quel sont les grands défis à relever d’ici les 4 prochaines années ?

Nous avons un problème de réseau routier. Du monument à Dévégo par exemple, la route n’est pas bonne et nous espérons que nos discussions porteront leurs fruits d’ici peu. 

Nous avons le problème d’inondation. En effet, notre zone est humide, inondable et au même moment, nous manquons d’eau potable. C’est un paradoxe. La raison, c’est que les populations ont construit en utilisant des déchets non-dégradables lors de la construction de leurs maisons. Or dans ces déchets, il y a des plastiques. C’est pour cela qu’en temps de pluie, l’eau stagne. 

Avec un peu de moyens, nous pouvons régler ce problème par la réalisation de certains caniveaux jusqu’à la rivière.

Quel est votre mot de la fin ?

Je tiens à vous remercier et tirer chapeau à tout le conseil municipal de Baguida. C’est une relation de fraternité qui lie tous les conseillers. Tout va bien. Nous demandons à la population de nous aider à réussir notre mission qui est de développer notre commune. Nous avons beaucoup de cadres qui ne cherchent qu’à nous aider et nous les associons à la rédaction de notre plan de développement communal. Je demande à la population d’espérer car les lendemains seront meilleurs.