Interview Exclusive du coordonnateur de l’initiative « la Voix des Doctorants de l’Université de Lomé

En ce 21 ème siècle où l’essor de l’internet et la crise à la Covid19 appellent à l’innovation et la créativité, les étudiants en grade de doctorat de l’Université de Lomé font parler d’eux à travers l’initiative « La Voix des Doctorants de l’Université de Lomé ».

Aujourd’hui, nous recevons pour vous le Délégué Général des doctorants de l’Université de Lomé afin de faire la lumière sur cette innovante initiative qui s’invite plus près des populations.

Bonjour Délégué, pouvez-vous vous présenter pour les lecteurs de lomebougeinfo.com ?

Bonjour ,Monsieur ,

Je suis ADABA Koffi Amessou, doctorant et Délégué Général des doctorants de l’Université de Lomé. Ma thèse porte sur les questions de crise de citoyenneté plus précisément l’incivisme et les incivilités au Togo. Je suis le coordonnateur de l’initiative « La Voix des Doctorants de l’Université de Lomé ». Mais je voudrais dire un grand merci à toute l’équipe de lomebougeinfo.com et ses lecteurs pour avoir accepté accompagner l’initiative.

Avant tout, dites-nous, comment est née l’initiative dont vous êtes aujourd’hui le premier leader ?

Disons que l’initiative a vu le jour à travers plusieurs constats. 

Premièrement, je voudrais d’abord remercier le Président de l’Université de Lomé, le Prof Komla Dodzi Kokoroko et toute son équipe très dynamique, parce que, de par le passé, les étudiants en thèse de doctorat n’avaient pas un statut en tant que tel, chacun étant dans son coin. Mais grâce aux réformes de la nouvelle équipe dirigeante, les élections du délégué général et son adjoint au niveau du grade Master et Doctorat ont été organisées. C’est ainsi que les Doctorants de l’Université de Lomé m’ont fait confiance en votant pour moi. 

Ma première mission, en tant qu’élu, a été de rassembler tous les doctorants de l’Université de Lomé. Ce qui fut fait. 

Deuxièmement, il n’est pas rare d’entendre dire que nos recherches à l’Université, que ce soit nos mémoires de Master ou nos thèses de doctorat, « dorment dans les placards ».

Troisièmement, sur nos plates-formes (des doctorants), les discussions allaient dans tous les sens. Qu’est-ce qui devrait être le contenu des messages ?

Enfin, en ce temps de COVID-19 où la participation à des manifestations scientifiques nationales et internationales en présentiel est quasi inexistante, comment pourrons-nous, au moins entre nous doctorants, participer à l’interdisciplinarité ? 

In globo, voilà quelques raisons non exhaustives qui nous ont conduites à une telle initiative.

Quelles sont aujourd’hui les missions de « La Voix des Doctorants UL » ?

Alors les missions ne sont pas détachables des problèmes posés.

 Principalement, La VDD-UL se veut une initiative qui renforce la connexion de l’Université avec la société dans son ensemble. Pratiquement, tout le monde a une idée sur ce qu’est le BAC I et II mais peu sont ceux qui savent ce qui se fait quand on est à l’université en général et en thèse de doctorat en particulier. L’université n’est pas seulement un endroit où on obtient des diplômes mais aussi elle est un lieu qui pense les problèmes de la société. C’est pourquoi il est important que l’université soit connectée à la société. Cette initiative est avant une fusion au sein du grade doctorat. Les doctorants se découvrent de ce que chacun fait dans sa spécialité sur tous les plans.

 Du coup, elle permet de : – offrir un nouveau cadre de communication aux doctorants et nouveaux docteurs en ce temps de crise sanitaire, – vulgariser les résultats des recherches menées par les doctorants et jeunes docteurs, – mettre à contribution le doctorant dans la recherche des solutions face aux problèmes de société, développer la culture de la communication interdisciplinaire chez les doctorants de l’UL, etc.

Quelles sont les raisons qui ont motivé votre intense présence sur les réseaux sociaux et à quoi doivent s’attendre les internautes ?

Alors, comme je le dis, il faut que nous apprenions entre nous mais il faut aussi que la société tire profit de ce qui se fait à l’université. C’est pourquoi les médias requièrent une importance capitale en servant de canal pour atteindre la société. Grâce aux médias, les discussions qui sont faites sont rendues accessibles à tout le monde. C’est vrai qu’il existe toujours la fracture numérique, mais aujourd’hui, beaucoup de personnes sont sur les réseaux sociaux. Il est donc important, si nous voulons faire connaître nos recherches à l’université à tout qu’on passe par ces réseaux sociaux. Et puis, les problèmes qui sont pensés par l’université peuvent aider chacun à faire avancer notre société. Mais aussi faudrait-il que tout le monde en prenne connaissance. Nous partons ainsi pour une aventure que nous pensons pérenne et de ce fait, les internautes, de toute catégorie, devront s’habituer à lire désormais les actes des communications des doctorants de l’UL mais aussi contribuer à leur diffusion. 

Rencontrez-vous des difficultés dans l’atteinte de vos objectifs ?

En termes de difficultés, nous ne saurons dire qu’il n’y en a pas. Il n’y a vraiment rien sans difficulté, encore plus, lorsqu’il s’agit des projets qui nécessitent la participation de plusieurs personnes. Il faut reconnaître que nous sommes habitués à présenter nos communications en présentiel. Du coup, présenter une communication de façon virtuelle sur les réseaux sociaux est un exercice nouveau. Ce qui pose plusieurs problèmes. Mais c’est quelque chose qui va se faire petit à petit et cela rentrera dans nos habitudes. Du fait que le statut d’étudiant est temporaire, l’implication efficiente de certains camarades est sévèrement entachée. Aussi, qui dit présentation en ligne dit qualité de la connexion. Là aussi c’est un problème général, qui nous le pensons, devra se corriger avec le temps. À part ces difficultés, les questions de traduction des rapports dans d’autres langues se posent au regard des objectifs fixés.

Quels sont les futurs projets de la voix des doctorants ?

En termes de perspectives, je voudrais encore remercier une fois l’équipe dirigeante de l’Université de Lomé à travers sa Direction de la Recherche et de l’Innovation (DRI) dirigée par le Professeur Essohanam Batchana qui ne n’a pas laissé orpheline l’initiative. Il a déjà reçu le Comité d’Organisation. Beaucoup de choses peuvent être espérées de La VDD-UL. L’université pourrait avec le temps rendre l’initiative internationale par les partenariats avec les doctorants des universités sœurs. De plus, si la situation de crise sanitaire se dénoue, des discussions en présentiel peuvent être possibles en greffant l’initiative sous la Direction de la Recherche et de l’Innovation (DRI) de l’université de Lomé. ». Ce qui permettra de : – solidifier ce cadre de communication unique, – transformer nos thèses en projet professionnel pour financement au travers de nos partenariats que nous pourrons avoir, – primer les meilleures communications de façon trimestrielle et annuelle, – tisser des relations avec les médias pour plus de diffusion des résultats des recherches, etc. 

Un message à lancer aux étudiants en grande de doctorat ?

L’appel ne serait pas aux doctorants mais à tous ceux qui partagent les objectifs de cette initiative. Le statut de l’étudiant est temporaire mais l’initiative devrait être durable. Dans tous les cas, il s’agit d’une initiative collective et sans l’implication des uns et des autres, les objectifs ne pourront pas être atteints. Que tous les camarades doctorants surmontent toutes les difficultés pour faire de l’initiative un des piliers du rayonnement de notre chère Université. Par exemple, l’initiative permet à chaque communicateur d’avoir des attestations de communication. Chaque sujet communiqué est une opportunité pour le communicateur d’être contacté par un tiers pour diverses raisons d’emploi. Aussi, l’université, à travers la DRI, soutient l’initiative en acceptant de publier les articles scientifiques assortis des communications gratuitement. En clair, il n’y a que des avantages à s’impliquer davantage dans les activités de La VDD-UL en tant que doctorants et jeunes docteurs que nous sommes.

Interview réalisée par Alfred Nadjere