Entretien exclusif avec Mme SIDIBE Fadjimata Maman, l’ambassadeur du Niger au Togo

La pandémie du Coronavirus impacte le monde entier. Le Togo pour sa part, a connu son premier cas en mars 2020. Dès lors, une série de mesures ont été prises dont le port obligatoire de masques pour lutter efficacement contre la pandémie. Sur le territoire national se trouvent de nombreux ressortissants de pays africains comme les Nigériens.

Ces derniers forment une importante communauté au Togo et s’y sentent bien tout en respectant des lois en vigueur. Pour mieux comprendre la perception de Mme SIDIBE Fadjimata Maman sur les mesures du gouvernement togolais en ces temps de crise, recueillir ses conseils pour le public, la rédaction du site d’information lui a accordé une interview exclusive.

 Comment gérez-vous cette pandémie avec vos ressortissants sur le territoire togolais ?

Cette pandémie concerne tout le monde bien que le premier cas au Togo remonte au 6 mars 2020.  Dans son message à la Nation, S.E Faure E. Gnassingbé, le président togolais a pris des mesures qui ont poussé tout le monde à être sur le qui-vive et à prendre conscience de la situation. Au Togo, notre diaspora est importante en nombre et nous avons eu plusieurs réunions de sensibilisation de même que des actions grâce aux nouvelles technologies. Nous avons aussi travaillé avec les associations de nos ressortissants qui à leurs tours ont porté les messages de sensibilisation à l’endroit de leurs bases.

Quelle est votre perception de la gestion de la pandémie par le Gouvernement togolais ?

La gestion de la pandémie au Togo a été très bien menée. Je félicite au passage le Gouvernement togolais qui s’est très vite engagé dans cette course contre la montre pour lutter contre la propagation de la maladie. Cela s’est ressenti par la fermeture de l’aéroport international de Lomé, des écoles, les lieux de culte, le bouclage des villes, le couvre-feu, entre autres. La riposte a été très prompte et c’est tout cela qui a amené à alléger les mesures comme la réouverture de l’aéroport.

Qu’est-ce qui vous a marqué dans la gestion de cette pandémie ?


Ce qui m’a beaucoup marqué, c’est la création de la Force spéciale mixte anti-pandémie. C’est une force qui fait respecter les mesures sanitaires. Nous remarquons que la population même s’est appropriée les mesures. J’ai aussi aimé les mesures sociales comme la gratuité de l’eau, de l’électricité et surtout la mise en place du programme Novissi.  Ce programme de transfert monétaire direct aux ménages ayant perdu tout ou partie de leurs revenus à cause de l’impact de la pandémie du Covid-19 est très louable.

Quelles sont les relations entre le Togo et le Niger ?

Elles sont excellentes. Nos deux pays œuvrent pour faire de leur relation bilatérale un modèle de partenariat au niveau régional.  Je garde en mémoire la visite de S.E Issoufou Mahamadou, le président nigérien à Lomé le 19 juin 2019. Elle a posé les jalons de la commission mixte nigéro-togolaise de coopération. Les deux présidents Issoufou Mahamadou et Faure Gnassingbé se concertent régulièrement sur les questions diverses au niveau régional et communautaire. Au plan social, les communautés togolaises du Niger et nigériennes au Togo vivent en parfaite harmonie sur leurs terres d’accueil.

Quels sont vos conseils aux Nigériens vivant au Togo ?

Mon conseil c’est surtout le respect des Lois et règlements des pays d’accueil. Ensuite, on les incite à venir s’enregistrer à l’ambassade. Par ce moyen, on arrive à les sensibiliser sur l’importance de scolariser leurs enfants.

Quel message commun aux Togolais et Nigériens ?

Il faut cultiver le vivre-ensemble afin de tendre vers une CEDEAO des peuples. Il faut continuer par respecter les mesures barrières en ces temps de pandémie car le coronavirus circule toujours. Au cas où une personne ressent des symptômes, il faut se rapprocher des centres de santé afin de se faire prendre en charge.

Votre mot de fin

La pandémie a secoué tout le monde entier. Nous avons eu des pertes en vies humaines. L’économie mondiale s’est écroulée depuis l’avènement de cette pandémie. Ce qui inquiète, c’est la potentielle deuxième vague dont parlent les médecins et l’augmentation des cas de contaminations dans de nombreux pays au quotidien. C’est aussi l’occasion pour moi d’exhorter tout le monde à éviter les attroupements et suivre les mesures barrières édictées pour lutter contre le coronavirus.

BA /AA