Cabo Verde : la Banque africaine de développement accorde un prêt de 20 millions d’euros pour la gouvernance électronique et la modernisation de l’administration publique

Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (www.AfDB.org) a approuvé, mercredi à Abidjan, l’octroi d’un prêt de 20 millions d’euros au Cabo Verde pour financer le Programme de gouvernance électronique et de modernisation de l’administration publique.

Le financement de la Banque est la première phase d’une opération d’appui budgétaire programmatique couvrant les exercices 2021 et 2022, avec un financement indicatif global de 40 millions d’euros. Il a pour objectif d’améliorer l’efficacité numérique pour une meilleure prestation de services publics, la modernisation de l’administration, la transparence et l’augmentation des investissements du secteur privé.

« Investir dans la gouvernance électronique est non seulement un moyen de mieux rendre service aux citoyens dans un contexte de distanciation sociale, mais c’est également crucial afin de stimuler le secteur des TIC et promouvoir la diversification de l’économie, tout en soutenant les efforts de reprise post‑Covid », a déclaré Marie-Laure Akin-Olugbade, directrice générale de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Ouest.

Le Cabo verde cherche à accroître la qualité et l’efficacité des opérations internes de l’administration publique, notamment en fournissant des services publics de meilleure qualité et plus diversifiés aux entreprises et autres usagers. Pour les citoyens, le renforcement de la gouvernance électronique devrait permettre d’améliorer l’accès aux services publics grâce à la mise en place d’un guichet administratif unique offrant des données, une connectivité et des transactions sécurisées.

La gouvernance électronique recèle un grand potentiel d’amélioration de la transparence et de réduction de la corruption, notamment lorsqu’elle adopte des approches de données ouvertes ou des fonctionnalités de participation électronique.

Les confinements et mesures de distanciation sociale dus au Covid-19 en 2020 ont accéléré la nécessité de poursuivre la numérisation de l’administration et en particulier, d’élargir l’offre de services administratifs au Cabo Verde. 

Les mesures restrictives ont mis en lumière les conditions de travail des fonctionnaires et la nécessité de mieux structurer le service public pour y insuffler davantage d’équité –en mettant l’accent sur l’égalité des sexes— et de motivation.

Quant à la cyberéconomie, les confinements ont donné de l’importance aux transactions et à l’identification numériques afin que les entreprises puissent conserver et/ou développer leurs activités. Ils ont également préparé le terrain pour le développement d’un secteur des TIC capable de produire des services et produits numériques aptes à améliorer la productivité et la compétitivité.

La numérisation est une piste essentielle pour l’amélioration de la compétitivité et le développement du secteur privé cap-verdien. Pour les entreprises, un écosystème d’appui plus efficace réduirait les coûts de transaction et favoriserait la compétitivité. Cet écosystème est important pour celles qui opèrent sur plusieurs îles, car la géographie de l’archipel (neuf îles habitées) est une contrainte majeure à la croissance des entreprises. La numérisation favoriserait également un développement potentiel du secteur des TIC dans les domaines de l’externalisation, des opérations d’appui et du développement de logiciels. Elle faciliterait, entre autres, l’enregistrement de nouvelles sociétés, la déclaration de l’impôt sur les sociétés, la demande de licences publiques, les processus d’appel d’offres pour les marchés publics.

Enfin, la perspective d’une reprise économique à moyen terme repose également sur la nécessité de diversifier l’économie du pays dépendante du tourisme, en investissant dans le potentiel de croissance du secteur des TIC, tel que ciblé par la stratégie nationale de développement du gouvernement.

Ce programme fait partie des efforts de la Banque pour aider le Cabo Verde à « reconstruire en mieux » dans l’après-Covid-19 et assurer une croissance durable.

Le Programme de gouvernance électronique et de modernisation de l’administration publique – Phase I (E-PAMP-I) est destiné à l’ensemble de la population cap-verdiennenotamment par l’amélioration de l’accessibilité de l’administration publique grâce à des processus simplifiés et rationalisés, et par une transparence accrue découlant des pratiques et politiques d’ouverture des données.

Plus précisément, l’opération cible les fonctionnaires de Cabo Verde, qui bénéficieront de processus de gestion (recrutement, promotion) et de rémunération actualisés et plus équitables, grâce au cadre salarial unifié. Les efforts de rationalisation de l’égalité des sexes dans l’administration publique bénéficieront aux fonctionnaires féminins. L’opération aura des effets positifs sur les entreprises grâce à la modernisation des services de l’État.

L’opération est alignée sur la priorité des « High-5 », qui consiste à « améliorer la qualité de vie » des citoyens à travers le pilier « gouvernance et responsabilité » de la Stratégie décennale de la Banque.