Afrique : Sénégal – Réunion de reconstitution du Fonds africain de développement : les délégués visitent des périmètres rizicoles et échangent avec les bénéficiaires de projets financés par le fonds

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Ce jeudi 15 septembre, les paysans de la Vallée de Baboulaye, à l’Ouest du Sénégal ont accueilli des visiteurs spéciaux. Les délégués du Fonds africain de développement (FAD)—le guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement (www.AfDB.org) finançant les pays à faibles revenus—se sont rendus dans cette plaine agricole située dans la commune de Diofior. C’est à 150 kilomètres de Dakar.

Les délégués représentent les pays donateurs du Fonds. Ils y sont allés pour visiter les périmètres rizicoles de la Vallée de Baboulaye. C’était une occasion pour eux de discuter de vives voix avec les producteurs, bénéficiaires directs de projets financés par le Fonds africain de développement.

Cette visite intervient dans le cadre de la réunion de reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-16) qui se tient à Dakar du 15 au 17 septembre.

Située dans le Sine Saloum, une des plus riches régions agricoles du Sénégal, la vallée de Baboulaye a une grande particularité : la prédominance de la nappe salée qui avait fini par conquérir une bonne partie des terres cultivables, privant ainsi les paysans de leur principal moyen de subsistance.

En allant à la rencontre des producteurs, les délégués du Fonds africain de développement, qui discutent de la reconstitution de ses ressources, ont pu constater les résultats obtenus dans la lutte contre l’avancée du sel.

Lorsque la file des véhicules avance sur la digue anti-sel de près d’un kilomètre, les visiteurs sont frappés par la verdoyance des parcelles de riz qui s’étendent à perte de vue. Résultat de la séparation de la bande salée des périmètres agricoles, ces sols, explique-t-on, avaient été complètement délaissés par les producteurs, dépités de ne pouvoir y travailler.

Younoussa Mballo, coordonnateur du Programme de renforcement de la résilience alimentaire et nutritionnelle au Sahel—financé grâce aux ressources du Fonds—fait le guide d’un jour. Il explique les immenses efforts réalisés, avec l’aide des partenaires comme l’Agence nationale de conseil agricole et rural, l’Institut sénégalais de recherches agricoles, ainsi que les départements ministériels pertinents pour récupérer ces terres et fixer les paysans dans leurs terroirs.

« Avant ce projet de la Vallée de Baboulaye, les rendements agricoles atteignaient environ une tonne à l’hectare, » souligne-t-il. « Après sa mise en œuvre en 2011, nous sommes passés à 3 tonnes par hectare voire 5 tonnes pour certaines zones. ». Le partenariat avec l’Institut sénégalais de recherches agricoles a permis de développer le riz « Isriz10 », une variété de riz à rendement élevé, « adaptée à tous types de sols salés. »

Veronika Baumgartner Putz, déléguée du Fonds pour l’Autriche, se félicite d’être venue « constater ce qui a été effectivement réalisé sur le terrain et s’assurer de la manière dont les financements alloués par le Fonds africain de développement ont été dépensés.  De bons partenariats, une préparation de qualité du projet au départ, permettent de construire la durabilité des projets au profit des bénéficiaires, » assure-t-elle.

D’autres de ses collègues : des délégués de l’Allemagne, Afrique du Sud, Chine, Danemark, États-Unis, Espagne, France, Grande Bretagne, Irlande, Japon, Koweït, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, République de Corée, Pays-Bas, Suisse, Turquie figurent dans cette visite.

Pour Marie Laure Akin-Olugbade, vice-présidente par intérim du Groupe de la Banque chargée du Développement régional, de l’Intégration et de la Prestation de services, le déplacement des délégués sur le terrain est un moment important de la relation entre le Groupe de la Banque, les partenaires et les bénéficiaires.

Quelques heures plus tard, le convoi s’ébranle vers la ville de Diofior. Là, les délégués visitent des stands d’exposition des bénéficiaires des projets. Le maire de la commune, Youssou Diom, devant des membres de son conseil municipal, des producteurs et d’autres concitoyens, reçoit les hôtes dans une ambiance colorée fortement empreinte de la culture locale. « Grâce aux efforts qui ont été accomplis, 1500 hectares de terres sont disponibles actuellement pour les populations. Ça constitue un pas important vers l’autosuffisance alimentaire dans notre commune », dit le maire.

Les bénéficiaires des projets du Fonds exposent dans les stands, divers produits transformés : riz, miel, jus locaux, textile, produits à base de farine, produits de l’artisanat, et même des équipements à base de fibres photovoltaïques fonctionnant à l’énergie solaire.

« La vallée de Baboulaye est devenue notre grenier », assure devant les délégués, Babou Gningue, un producteur qui accompagne les coopératives de riziculteurs.  « Les terres récupérées sont désormais disponibles pour la riziculture pluviale avec un système d’aménagement permettant une retenue d’eau pour environ trois mois », explique-t-il.

Le directeur du développement rural, Mamadou Badiane, représentant le gouverneur de la région de Fatick dont dépend Diofor, a loué les progrès accomplis grâce à l’accompagnement du Fonds africain de développement, qui a permis de transformer la situation agricole de Diofior.

Le Fonds africain de développement est le guichet de financement concessionnel du Groupe de la Banque. Il fournit aux pays africains à faible revenu, des dons et des prêts concessionnels, des garanties ainsi qu’une assistance technique. Objectif : réduire la pauvreté et asseoir un développement durable et inclusif.

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