Togo : 107 e SESSION DU CONSEIL DES MINISTRES DES ACP A LOME.

 

 

La 107e session du Conseil des ministres des pays Afrique-

Caraïbe-Pacifique (ACP) se tient du 27 au 30 mai dans la capitale togolaise, Lomé sous le thème, « Accompagner la transformation économique et sociale des Etats ACP au niveau régional, continental et mondial ». Elle a été officiellement ouverte le mardi 29 mai par le ministre togolais des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, Pr. Robert Dussey.

Cette session des ACP qui a démarré ses travaux à huis clos, permettra aux ministres de poser les bases d’un nouvel accord de partenariat ACP-UE, pour la période après 2020 (post- Cotonou), d’une part, et d’autre part de débattre de l’avenir du Groupe ACP et ses relations avec l’Union Européenne.

Les ministres ACP débattront également des questions liées aux produits de base et au commerce, au développement, de la révision de l’Accord de Georgetown et la promotion de l’agenda du changement climatique.

Les discussions porteront également sur la mise en œuvre de la résolution sur le développement du commerce et du secteur des produits de base agricoles des pays ACP adoptée lors de la 106e session du conseil des ministres ACP et de la nouvelle approche du Groupe ACP pour l’appui au développement des chaînes de valeur agricoles.

« Aujourd’hui où le Groupe ACP soumet au questionnement sa propre présence au monde, s’interroge sur les raisons d’être de son existence, sur ses propres fins entendues ici comme but et cherche à redessiner son partenariat avec l’Union européenne à l’expiration, en 2020, de l’Accord de Cotonou, il nous faut réaffirmer le sentiment commun d’appartenance à notre groupe et notre commune dépendance » a relevé le ministre en charge des Affaires étrangères.

« Nos populations nous attendent. Leur droit légitime au développement doit nous inciter à éviter lors de cette session le – syndrome du bateau ivre -, ce syndrome qui traduit une espèce de nausée, la situation hypothétique d’un navire en perte de repère », a-t-il poursuivi soulignant qu’« Il n’est point de vent favorable pour celui qui ne sait où il va ».

Pour le Pr. Dussey, la logique d’unité doit guider leurs pas. « Nous devons aborder les futures négociations avec l’UE en tant que groupe uni, en tant que – pôle de responsabilité collective- soudé. En restant uni, nous pouvons travailler ensemble et renforcer la souveraineté positive de nos Etats, autrement dit leur capacité d’action externe et interne. L’unité d’action au rang des ACP aidera sans doute nos Etats à faire décroître les inégalités et à faire reculer les frontières de la pauvreté, à faire sortir nos Etats et populations de la situation d’inconfort actuelle », a-t-il relevé.

Il a affirmé que le gouvernement de la République togolaise insiste donc sur la nécessité du renforcement de la coopération intra-ACP car « pour nous développer, nous devons d’abord compter sur nous-mêmes, sur nos propres forces dans une perspective humaniste et de confiance en soi. La confiance en soi, au plan individuel que collectif, comme l’enseigne la génération actuelle de l’Ecole de Francfort conduite par Axel Honneth, est le support basique de tout effort de développement, notre coopération interne nous ouvrira des perspectives stimulantes qui auront sans doute des impacts sur nos partenariats avec les autres », a-t-il ajouté.

A cet égard, il s’est réjoui que la session a inscrit à l’agenda de ses travaux la révision de l’Accord de Georgetown et les engage à l’examiner dans la droite ligne des orientations données pas les Chefs d’Etat et de gouvernement lors des Sommets de Sipopo en 2012 et de Port Moresby en 2016 et de leur document de position vers les ACP qu’ils veulent.

« L’avenir du Groupe ACP dépend de notre capacité d’adaptation aux mutations profondes de l’environnement international. L’avenir n’est pas, pour reprendre les termes d’Henri Bergson, ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire, l’avenir se prépare, celui de notre Groupe doit se construire autour de perspectives réalistes et vitales qui engagent chacun de nos Etats et toute l’organisation. L’heure est à l’action multilatérale », a-t-il conclu.

Mme Kamina Johnson Smith, membre du Sénat, ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur de la Jamaïque et présidente du Conseil des ministres ACP et Dr Patrick Gomes, secrétaire général des ACP ont relevé que les ACP doivent avoir le courage de voir en toute objectivité la réalité afin de dresser un diagnostic clair de leurs difficultés et leur trouver des solutions qui s’imposent.

La 107e session du Conseil des ministres des pays Afrique-Caraïbe-Pacifique (ACP) sera suivie les 31 et 1er juin, de la 43e session du Comité ministériel ACP/UE axée sur le financement du développement des ACP.

 

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