Hémorroïdes : quand y a-t-il urgence ?

L’urgence hémorroïdaire n’est pas une urgence vitale mais elle est très embêtante et peut inquiéter. Qu’est-ce que les hémorroïdes ? Quand s’agit-il d’une urgence ? Quels sont les différents traitements des hémorroïdes ? Les explications avec le Dr Gérald Kierzek, urgentiste.

Les hémorroïdes sont des veines dilatées qui se forment dans l’anus ou le rectum, un peu comme des varices. On distingue deux types d’hémorroïdes : les hémorroïdes externes qui apparaissent sous la peau à l’orifice de l’anus et les hémorroïdes internes qui se forment dans l’anus ou la partie inférieure du rectum.

Le plus souvent les symptômes ne sont pas aigus ou en tout cas ne relèvent pas de l’urgence. Il s’agit plutôt :

– de brûlures, démangeaisons ou inconfort dans la région anale.
– saignement (visible uniquement sur le papier toilette par exemple) et douleur au moment d’aller à la selle.
– suintement de mucus par l’anus.
– sensation que l’intérieur de l’anus est enflé, voire sortie par l’anus des hémorroïdes sous forme de protubérances sensibles.

Quand les hémorroïdes deviennent une urgence

Parfois les hémorroïdes deviennent une urgence, essentiellement en raison de la douleur. Il peut arriver dans 15% des hémorroïdes qu’elles se thrombosent et fassent très mal. Cela représente moins de la moitié des causes de douleur anale. On ne devrait pas parler de thrombose, le terme est impropre car il s’agit plutôt de la rupture d’une veine superficielle des plexus hémorroïdaires qui entraîne la constitution d’un hématome sous tension. On devrait donc plutôt parler d’un « hématome hémorroïdaire ».

Certains facteurs déclenchants sont classiquement décrits : repas trop riches ou trop épicés, épisodes de la vie génitale, prise de médicaments, efforts de poussée. Leur symptomatologie diffère en fonction de leur localisation sur les plexus hémorroïdaires externes ou internes. La thrombose hémorroïdaire externe se manifeste par l’apparition brutale d’une douleur et d’une tuméfaction de la marge anale.

La thrombose interne peut quant à elle rester à l’intérieur du canal rectal (on parle de thrombose intra-canalaire non extériorisée) ou s’extérioriser. Dans les deux cas, l’urgence est liée à la douleur soit à l’intérieur (pouvant faire suspecter une fissure ou un abcès), soit à l’extérieur avec un véritable « étranglement hémorroïdaire », avec les veines qui ne peuvent plus se réintégrer spontanément dans le canal anal du fait d’une hypertonie sphinctérienne concomitante. Il y a parfois aussi du sang (rectorragie).

Les traitements des hémorroïdes

Vous pouvez vous rendre aux urgences procto ou sinon aux urgences. Le traitement de la thrombose hémorroïdaire externe est l’excision après une anesthésie locale : un coup de bistouri pour libérer l’hématome sous tension.

Pour les hémorroïdes internes, un geste « chirurgical » est possible mais plus compliqué d’accès (sous anuscopie). Nécessaire en cas d’échec du traitement médical.

Prévenir les hémorroïdes

Tout saignement anal doit faire consulter la première fois pour confirmer le diagnostic et éliminer d’autres causes. En particulier, il faudra à un moment ou un autre faire une coloscopie pour aller voir tout le côlon.

Des règles hygiéno-diététiques permettent de limiter les crises :

– limitez les facteurs déclenchants comme la constipation, la position assise prolongée aux toilettes, le stress ou les efforts physiques ;
– évitez les épices, l’alcool, le café, les repas riches en lipides ;
– régulez votre transit intestinal (fibres, mucilages) : consommation de légumes verts crus, de fruits, de salades, pain complet, céréales ;
– évitez les frottements au niveau anal ;
– un exercice physique régulier est recommandé.

En cas de crise, demandez conseil à votre pharmacien avec un traitement oral (traitement veintotonique), antidouleurs et traitement local (sous forme de pommade, de crème ou de suppositoire) sont indiqués, notamment topiques avec ou sans anesthésiques locaux. En cas de démangeaisons, appliquez des compresses froides sur l’anus pendant une dizaine de minutes, trois ou quatre fois par jour.

En cas de persistance des douleurs, consultez pour une prescription médicale : les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont efficaces, de même que des topiques avec de la cortisone ou des laxatifs avec fibres alimentaires ou des mucilages.

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