Pour Emmanuel Macron, l’UE est aujourd’hui « au bord du précipice »

Dans une interview publiée jeudi dans The Economist, le président français s’alarme de la « fragilité extraordinaire de l’Europe ». Emmanuel Macron considère également l’OTAN en état « de mort cérébrale. »

L’Europe « disparaîtra » si elle ne « se pense pas comme puissance dans ce monde », estime le chef de l’Etat dans cet entretien à l’hebdomadaire britannique.

« Je ne crois pas dramatiser les choses, j’essaye d’être lucide », souligne-t-il, tout en pointant trois grands risques pour l’Union européenne: qu’elle ait « oublié qu’elle était une communauté », le « désalignement » de la politique américaine vis-à-vis du projet européen, et l’émergence de la puissance chinoise « qui marginalise clairement l’Europe. »

Nécessaire « réveil » des Européens

« Depuis 70 ans, on a réussi un petit miracle géopolitique, historique, civilisationnel: une équation politique sans hégémonie qui permet la paix. (…) Mais il y a aujourd’hui une série de phénomènes qui nous mettent dans une situation de bord du précipice », insiste Emmanuel Macron, qui voit aussi l’UE « s’épuiser sur le Brexit ».

En conséquence, le président français estime que si les Européens n’ont « pas un réveil, une prise de conscience de cette situation et une décision de s’en saisir, le risque est grand, à terme, que géopolitiquement nous disparaissions, ou en tous cas que nous ne soyons plus les maîtres de notre destin. Je le crois très profondément. »

Washington et Ankara font vaciller l’OTAN

Emmanuel Macron se montre également extrêmement critique vis-à-vis de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, cette alliance politico-militaire entre pays des deux côtés de l’Atlantique.

« Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN », déclare-t-il à The Economist en l’expliquant par le désengagement américain et le comportement de la Turquie, qui en fait partie, dans le conflit syrien.

Le président français estime qu’il faut « clarifier sans attendre les finalités stratégiques » de l’Alliance atlantique. Il appelle à nouveau à « muscler » l’Europe de la défense, alors qu’un sommet de l’OTAN aura lieu à Londres début décembre.

afp/oang