Cancer du sein : définition

Qu’est ce que le cancer du sein ?

Le cancer du sein est une transformation maligne des cellules constituant la glande mammaire. Comme ces cellules sont variées, les cancers ou néoplasies qui en dérivent le sont aussi. Il n’y a donc pas un mais DES cancers du sein.

Les seins sont des glandes chargées de produire du lait. Ils se divisent en 15 à 20 lobes, divisés eux-mêmes en nombreux lobules qui s’achèvent en minuscules bulbes sécrétant le lait. Les lobes, lobules et bulbes sont reliés entre eux par les canaux galactophores. Ceux-ci aboutissent au mamelon, situé au centre d’une zone pigmentée, l’aréole.

Le tissu mammaire se compose surtout de cellules luminales produisant le lait, et de cellules basales myoépithéliales qui l’expulse lors de l’allaitement. La classification des cancers du sein s’est affinée grâce aux analyses de l’ADN cellulaire (analyses génomiques). On distingue désormais le cancer luminal, le cancer basal-like, et le cancer HER2+.

Risques et origine du cancer du sein
Cancer féminin le plus fréquent et deuxième cancer dans l’ensemble de la population après celui de la prostate, le cancerdu sein est un problème majeur de santé publique. En 2011, 53.000 nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiqués en France*. On estime que une femme sur 9 développera un cancer du sein au cours de sa vie. Si la maladie touche essentiellement les femmes, elle concerne aussi les hommes : 0,5% des cancers du sein sont masculins.

Entre 1980 et 2005, l’augmentation de 138 % du nombre de ces cancers s’explique en partie par l’allongement de la durée de la vie et les effets du dépistage généralisé. Certaines études évoquent aussi les risques environnementaux ou comportementaux, comme l’âge au premier enfant et certains traitements hormonaux de la ménopause.

Comme dans d’autres pays développés, la progression française s’est stabilisée depuis 2004, l’incidence semble même diminuer (données de l’Assurance Maladie). Même si les changements d’habitudes vis-à-vis des traitements hormonaux sont souvent évoqués, un peu de recul sera nécessaire pour réellement confirmer et comprendre cette diminution.

Quels sont les différents types de cancers mammaires ?

Le type luminal 

Ces cancers naissent des cellules épithéliales dites luminales dans les canaux ou les lobules mammaires. Ce sont les formes les plus fréquentes, réparties en deux sous-groupes selon qu’elles portent beaucoup ou peu de récepteurs cellulaires aux oestrogènes (dits RE + en français ou ER + en anglais).
Le cancer luminal A représente 25 à 40 % des cancer du sein exprime beaucoup de récepteurs, il est RE+++. Le cancerluminal B représente 20 à 25 % des cancers du sein ; il exprime peu de récepteurs en surface, il est donc RE+.
Les cancers du sein HER2+

Environ 15 % des cancers du sein surexpriment le récepteur HER2 à leur surface. Ils entrent dans la catégorie des tumeurs dites HER2+. Activé, ce récepteur provoque la prolifération cellulaire. Sa surexpression suppose donc une plus grande agressivité tumorale ; ce qui n’est plus vrai puisqu’on dispose aujourd’hui de traitements ciblés contre lui. Un anticorpssynthétisé industriellement bloque ce récepteur. Le premier proposé aux patientes est le trastuzumab, plus connu sous son nom de marque Herceptin®.

Le type basal-like

Les cancers du sein de type basal-like représentent 10 à 15 % des cancers du sein. Ils se caractérisent par l’absence de récepteurs aux oestrogènes et à la progestérone, et par le fait qu’ils ne surexpriment pas HER2. On les appelle triple négatifs. De plus mauvais pronostic que les autres car les traitements contre eux sont moins nombreux et moins efficaces, ils ressemblent aux tumeurs du sein dues aux mutations du gène BRCA1 (environ 5% des femmes ayant un cancer du sein).

Toutefois certaines tumeurs triple négatives n’appartiennent pas à la catégorie basal-like. Ce qui illustre l’hétérogénéité morphologique et pronostique des cancers du sein.
Causes et risques du cancer du sein

Des travaux scientifiques ont montré que certains facteurs augmentent les risques de développer la maladie :

L’âge

Deux tiers des cancers du sein surviennent après 50 ans.
Les antécédents familiaux

Le risque d’avoir un cancer du sein est augmenté chez une femme dont la mère ou la sœur a été atteinte. Si le cancer est survenu chez la mère avant la ménopause, les risques chez la fille sont encore plus élevés.
Le sexe

Le cancer du sein touche essentiellement les femmes.
L’alimentation

L’obésité, une consommation excessive d’alcool ou une trop forte consommation de graisses animales augmenteraient les risques du cancer du sein.

Le tabagisme

Le tabagisme est aussi un facteur de risque et il est évitable.

Signes et symptômes du cancer du sein 
Le cancer du sein peut se manifester par un certain nombre de symptômes, qui ne sont pas exhaustifs. En effet, si les tout petits cancers sont indétectables en dehors d’une mammographie, les tumeurs déjà étendues ou métastasées ont des manifestations variées, et à distance du sein.

Se méfier de :

• Une grosseur ou une induration persistante au sein ou à l’aisselle,
• Une modification de la dimension ou de la forme d’un sein,
• Un écoulement par le mamelon,
• Une modification de la pigmentation ou de la texture de la peau du sein ou de l’aréole.
La douleur n’est généralement pas un signe de cancer du sein. Néanmoins, tout changement affectant le sein doit être signalé sans délai à un médecin. Les symptômes peuvent être provoqués par un cancer ou par un certain nombre d’autres affections.

Diagnostic et dépistage du cancer du sein
Dans le cadre du programme de dépistage généralisé du cancer du sein ; les femmes de 50 à 74 ans sont invitées, tous les deux ans, à se rendre auprès d’un radiologue agréé de leur choix. Après un examen clinique (palpation), celui-ci pratique une mammographie (radiographie des seins). Cet examen détecte des anomalies non décelables par la palpation.

Le cliché est systématiquement lu par deux praticiens. Si une image anormale est détectée, le radiologue pratique des examens complémentaires : agrandissement des clichés, échographie, et s’il le juge nécessaire, un prélèvement (biopsie) sous anesthésie locale pour analyse des cellules au microscope.

Le dépistage précoce d’un cancer permet une meilleure prise en charge, ce qui augmente les chances de guérison.

Traitements du cancer du sein disponibles 
Le traitement d’un cancer du sein dépend de la nature et de la localisation de la tumeur, et du stade de la maladie. Le choix d’une stratégie de traitement dépend du bilan d’extension (classification T.N.M.) de la maladie : T = taille de la tumeur, N = atteinte ganglionnaire, M = présence ou non de métastases.

Il existe aujourd’hui plusieurs stratégies thérapeutiques : la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie, l’hormonothérapie et les thérapies ciblées (anticorps monoclonaux…).
Chirurgie
Le chirurgien enlève la tumeur, qui sera analysée par l’anatomopathologiste, pour en préciser notamment la taille, l’agressivité, la présence ou l’absence de récepteurs hormonaux. Le type d’intervention chirurgicale (ablation totale de la glande mammaire, ou tumorectomie) dépend essentiellement de la taille de la tumeur. Dans le même temps opératoire, on réalise un curage ganglionnaire axillaire du même côté que la tumeur, pour détecter d’éventuels foyers cancéreux dans les ganglions examinés.

Radiothérapie

Elle utilise des radiations à haute énergie pour détruire les cellules cancéreuses et empêcher leur développement. Elle peut être administrée de différentes façons : soit à partir d’une source de rayonnements externe, soit à partir de matériaux radioactifs implantés directement dans le sein (curiethérapie).
Chimiothérapie

Il s’agit d’un traitement dont la diffusion générale intéresse l’ensemble de l’organisme (traitement dit « systémique », par opposition aux traitements « locaux »). Elle peut être administrée avant ou après la chirurgie.

Hormonothérapie

L’hormonothérapie désigne les traitements qui contrôlent la croissance de la tumeur en régulant les hormones. Cette thérapie est indiquée lorsque la tumeur du sein est hormonodépendante, c’est-à-dire qu’elle présente des récepteurs cellulaire aux hormones (estrogènes et progestérone).

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