Grossesse et paracétamol : foetus en danger !

Le paracétamol est le médicament le plus utilisé pour soulager les douleurs. Son utilisation est possible tout au long de la grossesse. Si les études ont montré qu’il n’entraîne aucun risque de malformationsfœtales, est-il pour autant sans danger pour l’enfant à naître ? De récents travaux semblent montrer qu’il influencerait le développement de certains troubles.

Grossesse et traitement de la douleur

Comment traiter la douleur chez les femmes enceintes ? Une telle question est une situation médicale courante, à laquelle sont confrontés les femmes et leurs médecins. Beaucoup de femmes craignent de prendre des médicaments au cours de la grossesse, et préfèrent souffrir plutôt que d’essayer de soulager leurs douleurs. Or, la douleur sévère chronique non traitée est associée à un risque d’hypertension artérielle, d’anxiété et de dépression, des symptômes très néfastes pour le déroulement d’une grossesse. Parmi les médicaments antalgiques, lesquels peuvent être utilisés au cours de la grossesse ?

L’aspirine, le plus ancien remède contre la douleur, est déconseillé pendant la grossesse et formellement contre-indiqué à partir de 24 semaines d’aménorrhée, car il entraîne des risques de saignements chez la mère et le fœtus, ainsi que des problèmes circulatoires.

A savoir ! L’aspirine peut être prescrite à des doses faibles au cours de la grossesse, en particulier pour réduire le risque de fausse-couche. Mais ce médicament n’est pas antalgique à cette posologie. Il faut des doses plus importantes (> 500 mg/jour) pour soulager les douleurs.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont déconseillés au début de la grossesse et formellement contre-indiqués à partir du 6ème mois de grossesse. Ils peuvent en effet provoquer des complications gravissimes pour le fœtus : la mort fœtale in utero ou à la naissance, une insuffisance rénale et/ou cardiopulmonaire. Ces effets peuvent survenir même après une seule prise de médicament.

A noter! Les antalgiques opiacés (morphine et dérivés) peuvent être prescrits sous contrôle médical régulier et avec une surveillance rapprochée de la grossesse. Ces médicaments sont réservés à des contextes cliniques particuliers (douleurs très intenses chez des femmes souffrant de pathologies importantes).

Pour soulager les douleurs ponctuelles ou chroniques, reste alors l’alternative du paracétamol, médicament antalgique le plus utilisé dans le monde. Actuellement, le paracétamol est autorisé tout au long de la grossesse, aux posologies habituelles de l’adulte (1 g toutes les 6 heures). Plusieurs études ont mis en évidence son efficacité et l’absence de malformations fœtales. Toutefois, d’autres travaux semblent pointer du doigt ce médicament, qui pourrait provoquer des anomalies dans le développement de l’enfant.