Décès de Vincent Lambert: le père Cazin appelle au respect de chacun

Il est devenu, malgré lui, le symbole du débat sur la fin de vie en France, Vincent Lambert vient de mourir. Il n’était plus alimenté ni hydraté depuis neuf jours. Entretien avec le père Bruno Cazin, vicaire général du diocèse de Lille, médecin.

Vincent Lambert est décédé ce jeudi matin à 8h24 au centre hospitalier universitaire de Reims, dans le nord-est de la France. «L’heure est désormais au recueillement», a affirmé un des avocats des parents de Vincent Lambert.

«Cette fois, c’est terminé» écrivait Viviane et Pierre Lambert dans une lettre ouverte lundi 8 juillet 2019, ajoutant ne pas accepter sa mort mais s’y résigner «dans la douleur, l’incompréhension, mais aussi dans l’espérance». Ils avaient déposé une plainte, vendredi 5 juillet, à l’encontre du médecin de leur fils, le docteur Vincent Sanchez. Le parquet de Reims a ouvert une enquête préliminaire pour tentative d’homicide volontaire.

Tétraplégique en état végétatif depuis un accident de la route en 2008, Vincent Lambert était plongé dans une sédation profonde et continue depuis le mardi 2 juillet et l’arrêt de sa nutrition et de son hydratation artificielles. Ce troisième arrêt des traitements, faisait suite à la décision le 28 juin de la Cour de cassation. La plus haute instance de l’ordre judiciaire français avait cassé l’arrêt de la cour d’appel de Paris qui, saisie par les parents, avait ordonné le maintien des soins vitaux prodigués à ce patient hospitalisé au sein du CHU de Reims, dans l’attente d’un avis du Comité de l’Onu pour la protection des personnes handicapée.

Une famille en souffrance déchirée

Sa mère, Viviane Lambert était ensuite intervenue en marge de la 41e session du Conseil des droits de l’homme à Genève. Elle avait réclamé le «secours» des Nations unies affirmant que l’on voulait «assassiner» son fils. En 2013, le médecin avait envisagé une première fois l’arrêt des traitements, en accord avec la femme de Vincent Lambert. Ses parents avaient alors saisi la justice pour s’y opposer. L’affaire Vincent Lambert est marquée par des années d’une tragique bataille judiciaire au sein d’une famille divisée. Un drame très médiatisé, empreint de souffrance et un débat parfois violent.

Aujourd’hui l’heure est au recueillement, le père Bruno Cazin, vicaire général du diocèse de Lille, médecin hématologue invite à l’apaisement souhaitant «une société attentive aux plus faibles, à la relation à l’autre» qui promeuve «l’accompagnement plutôt que les décisions rapides qui ne tiennent pas compte de la complexité de l’humain».  

Être attentif à la fragilité

Le père Cazin relève que les questions d’état végétatif, de fin de vie génèrent beaucoup de violence: violence de la maladie, violence ressentie par les proches. «Cela demande pour les médecins et pour l’entourage de rechercher la paix à travers beaucoup d’écoute, du respect des personnes» en tenant compte de leur rythme «de façon à permettre de prendre des décisions en conscience et le plus sereinement possible».

Médecin hématologue, le père Cazin salue les efforts qui sont faits pour développer les soins palliatifs et l’accompagnement. L’affaire Vincent Lambert est «une affaire singulière» et «il serait très dangereux d’extrapoler à partir d’une affaire aussi tragique et douloureuse» affirme t-il appelant «au respect profond de chaque personne et en particulier des plus fragiles» 

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