LANCEMENT DU PROJET POUR REDUIRE LES GROSSESSES PRECOCES AU TOGO

Un atelier d’harmonisation méthodologique et de lancement du projet « Prévenir les violences sexistes et les violations des droits sexuels et reproductifs des adolescentes pour réduire les grossesses précoces au Togo » s’est tenu, du 11 au 13 juin à Lomé. Initiée par Women in Law and Development in Africa-Afrique de l’ouest (WiLDAF-AO) et l’Association togolaise pour le bien-être familial (ATBEF) avec le soutien financier du Centre de recherches pour le développement international du Canada (CRDI), cette rencontre a réuni les partenaires et acteurs Les participants ont posé pour une photo de famille de la mise du projet notamment des représentants des ministères concernés et de la société civile ainsi que ceux d’un projet similaire mis en œuvre au Burkina Faso. Elle permettra aux participants de s’approprier le contenu du projet, d’harmoniser les points de vue afin de disposer des consensus et démarches méthodologiques complémentaires et uniformisés. Ils valideront les documents préparatoires de recherche, les outils de collecte des données pour l’établissement de la cartographie et la revue critique des réponses aux grossesses précoces, les modalités de mise en œuvre du projet et le calendrier de sa mise en œuvre. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la prévention des grossesses précoces et des violences basées sur le genre. Il permettra de proposer un modèle intégré de réponses aux grossesses des adolescentes qui tiennent compte des violences basées sur le genre au Togo en vue de l’amélioration de la santé et des droits sexuels et reproductifs des adolescents au Togo. De façon spécifique, il proposera une documentation sur les facteurs explicatifs des grossesses des adolescentes ; identifiera les conséquences des violences basées sur le genre (VBG) et sur les droits sexuels et reproductifs des adolescentes. Le projet déterminera aussi comment et dans quelles mesures les réponses multiformes pour prévenir et lutter contre les grossesses précoces, intègrent la multiplicité de facteurs et conséquences des VBG qui leur sont associées ; développera, testera et de validera un modèle intégré de lutte et de prévention des grossesses précoces. Il sera exécuté dans les préfectures de l’Ogou et Kloto (région des Plateaux) avec pour cible les adolescentes de 10 à 19 ans en milieu scolaire et extrascolaire pour une durée de 36 mois. L’approche méthodologique du projet sera axée sur trois composantes principales et complémentaires, notamment une étude de base, une revue critique des réponses apportées aux grossesses des adolescentes et une intervention. La représentante du cadre collaboratif au ministère de la Santé, Mme Kpelly Cathérine, a indiqué que l’ampleur des grossesses chez les adolescents en milieu scolaire et extrascolaire est un problème d’ordre social, susceptible de constituer une entrave à l’émergence du pays. Ce phénomène, dit-elle, mérite une attention particulière en vue d’un changement de comportement. Mme Kpelly a relevé que la région des Plateaux enregistre 46,50% sur l’ensemble des grossesses précoces au Togo, d’où le choix des deux préfectures. Elle a invité tous les acteurs à accorder une importance capitale à tous les niveaux afin de réduire significativement les grossesses précoces chez les adolescents pour le bien-être des populations. La coordinatrice du WiLDAF-AO, Kafui Adjamagbo-Johnson a précisé qu’au Togo, d’après les projections démographiques de 2018, les adolescents, représentent environ 24% de la population togolaise. Selon elle, la situation de la santé des adolescents est caractérisée essentiellement par des grossesses précoces et non désirées ; des risques de complications et décès chez les adolescents en grossesse, des avortements provoqués et clandestins ; des rapports sexuels précoces et non protégés et une prévalence élevée au VIH/SIDA et IST. M. Adjamagbo-Johnson a indiqué que malgré l’arsenal juridique protégeant les adolescents, l’existence d’un cadre institutionnel favorable et les actions multiformes de plusieurs institutions, la situation des grossesses précoces demeure préoccupante au Togo. « La santé des adolescents est une thématique préoccupante dans les questions de développement », a-t-elle souligné. L’oratrice a par ailleurs exprimé sa reconnaissance au gouvernement togolais pour la collaboration dans la mise en œuvre du projet et remercié le CRDI pour son soutien financier et technique. « Le Canada a placé la fille au cœur de son développement en accordant une importance capitale à la problématique des grossesses précoces qui constituent un blocage pour la vie des adolescentes », a déclaré la représentante du CRDI, Mme Ramata Thioune. Elle a émis le vœu de voir des solutions ou alternatives pérennes trouvées à la fin du projet.

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