Kompromat, duo électro sans clash

Rebeka Warrior (Sexy Sushi et Mansfield.TYA) et Vitalic délaissent leurs projets respectifs pour créer un duo : Kompromat. Elle chante en allemand sur une techno à l’énergie rock qu’il veut actuelle, mais référencée.

Ayant appris le russe à l’école, Pascal Arbez-Nicolas avait vite fait de prendre le pseudo de Dima puis d’inventer ensuite avec celui de Vitalic toute une histoire (celle d’une famille ukrainienne vendant des fourrures de loutre et celle d’un joueur de trubcka passé à la techno). Aujourd’hui, il baptise Kompromat, son duo avec Julie Lanoë, échappée un temps de Sexy Sushi et de Mansfield.TYA. Mais c’est la langue de Goethe qui les inspire. Ou plutôt, se souvient-il, c’est l’inverse : « J’avais composé l’instrumental de ce qui deviendrait Niemand. La musique m’a inspiré des paroles en allemand lorsque je l’écoutais. »

Et voici donc une techno très actuelle qui se souvient des musiques électroniques qui l’ont précédée : l’Electronic Body Music (D.A.F., Liaisons Dangereuses…), la musique industrielle de Einstürzende Neubauten ou même la disco électronique de Giorgio Moroder. « Notre musique est entre disco et rock. L’allemand est une langue amusante, car on peut créer des mots en les combinant. Ça rappelait l’époque de la Communauté européenne du charbon et de l’acier. C’est vrai qu’en termes d’export, chanter en allemand, c’est peut-être se tirer une balle dans le pied. Et on ne passera certainement pas à la radio en France » s’amuse Julia, qui s’est essayée, sans conviction à chanter en espagnol, comme le groupe Liaisons Dangereuses. Fin 2018, après avoir quasiment terminé d’écrire les textes en allemand, Julia est allée quelques semaines à Berlin. Au programme : cours d’allemand le matin, sieste l’après-midi et sorties en club la nuit.  

Techno punk

Kompromat ne joue pas la carte de la new wave sombre, voire morbide. Les paroles sont tout au plus mélancoliques, elles évoquent les cycles de la nature ou la transformation des êtres. (« Je suis une pierre sous une pierre sous une pierre/ Je me déplace si lentement », dans Niemand« Ich bin ein Stein unter einem Stein unter einem Stein/ Ich bewege mich so langsam »). Le français fait son apparition par-ci par-là, en écho aux sonorités germaniques.

Pascal et Julia ont en commun d’avoir écouté plus jeunes du punk, Iggy Pop pour le premier, Bérurier Noir pour la seconde, mais aussi d’avoir été conquis par un autre duo techno : Miss Kittin & the Hacker. Julia se souvient : « J’ai adoré cette période electroclash initiée par les Daft Punk, qui a mis du rock dans l’électro. Cela a amené un peu de glamour et de paillettes. » Pascal ajoute : « Kittin & the Hacker, je trouvais ça pourri, mais finalement j’écoutais en boucle. Ça changeait de la techno à la Jeff Mills. »

Sur scène, Kompromat a un air de déjà vu pour ceux qui ont assisté à un concert de Miss Kittin & the Hacker. Julia au micro et Pascal aux machines, mais les rôles ne sont pas figés, et leur musique est sans compromis.

rfi



Par : Nicolas DambreKompromatAlbum – Techno – France

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